
L’accord sur les réfugiés entre l’UE et la Turquie a rendu pratiquement impossible la recherche d’une protection en Europe pour les demandeurs d’asile et les réfugiés, selon une étude récente, rapporte NTB.
Le rapport d’Oxfam, de l’International Rescue Committee (IRC) et du NRC critiquait à gogo l’accord initié le 20 mars de l’année dernière.
L’accord a fait de la Grèce un terrain d’essai pour les politiques de l’UE qui portent atteinte aux droits des réfugiés et des demandeurs d’asile et exposent les personnes à des dangers et à des abus, selon les agences d’aide.
– L’accord UE-Turquie joue à la roulette avec l’avenir de certaines des personnes les plus vulnérables au monde. Pour ceux qui en ont le plus besoin, chercher protection en Europe est devenu une « mission impossible », déclare le directeur de pays de l’IRC en Grèce, Panos Navrozidis.
Les organisations estiment que l’accord cause de grandes souffrances humaines et ne doit en aucun cas être conclu avec d’autres pays.
Pendant ce temps, l’accord est considéré comme peut-être la principale raison pour laquelle le flux violent de réfugiés vers l’Europe à l’automne 2015 s’est presque complètement arrêté.
Pratique dangereuse
L’accord de l’année dernière ouvre la voie à l’Europe pour renvoyer les demandeurs d’asile de Grèce vers la Turquie. Cela implique donc que l’Europe décline sa responsabilité de protéger les personnes qui viennent sur le continent pour se protéger, selon les agences d’aide.
Dans le rapport, ils soulignent que les réfugiés sont contraints de vivre dans des conditions dégradantes et que, à bien des égards, les demandeurs d’asile n’ont pas la possibilité de faire valoir leur droit à une procédure d’asile équitable.
– L’Europe a introduit une pratique dangereuse, et nous craignons qu’il ne soit trop facile pour d’autres pays de travailler maintenant pour éviter leur responsabilité de fournir une protection internationale, déclare Nicola Bay, directeur national d’Oxfam en Grèce.
Le NRC (Flyktningehjelpen) rappelle que l’UE a justifié l’accord avec la Turquie comme une « réponse intérimaire » à l’afflux de réfugiés.
– Les personnes fuyant la guerre et les persécutions ; ont été confrontés à l’insécurité et au manque de soutien juridique nécessaire pour se préparer aux entretiens qui détermineront leur sort, a déclaré le directeur de la Grèce, Gian Maria Pinto, du NRC.
Manque d’aide
Les agences d’aide soutiennent que les réfugiés en vertu des Conventions sur les réfugiés ont droit à un traitement individuel de leurs demandes. Il est crucial de protéger les personnes qui pourraient être renvoyées dans une zone où elles pourraient être en danger.
Mais en Grèce, l’objectif principal est de savoir s’ils peuvent être renvoyés, et non d’examiner leur cas individuellement, selon le rapport.
Il souligne également les lacunes majeures de l’aide juridique offerte aux réfugiés lorsqu’ils essaient de comprendre un processus d’asile déroutant en constante évolution.
Le résultat est que les demandeurs d’asile sont obligés de naviguer à travers le long processus avec peu ou pas d’assistance, dit-il. De plus, les organisations sont soucieuses de la qualité des entretiens des demandeurs d’asile tout au long de leur parcours.
L’année dernière, les réfugiés en Grèce vivaient dans des tentes, même par temps glacial en hiver. Les enfants, les femmes et les hommes sont toujours victimes de grandes épreuves physiques et mentales et n’ont qu’un accès limité aux soins de santé de base, à un soutien psychologique et à une aide pour gérer les traumatismes, selon le rapport.
Source : NTB scanpix / Norway.mw
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