Les ministres de l'UE adoptent de nouvelles règles concernant la suspension de l'exemption de visa - 3

Les ministres des affaires européennes ont donné leur feu vert cette semaine à de nouvelles règles qui faciliteront la suspension du droit de voyager sans visa pour les pays non membres de l’UE dans certaines circonstances.

L’UE dispose actuellement d’un régime d’exemption de visa avec 61 pays, ainsi qu’avec Hong Kong, Macao et Taïwan. Les citoyens de ces pays peuvent entrer dans l’espace Schengen sans visa et y séjourner jusqu’à 90 jours sur une période de 180 jours.

L’Albanie, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Canada, la Colombie, Israël, le Japon, la Malaisie, le Nicaragua, la Nouvelle-Zélande, l’Ukraine, le Royaume-Uni, les États-Unis et les Émirats arabes unis figurent parmi les pays concernés par ce régime.

Depuis 2013, un mécanisme de suspension est en place, permettant aux États membres de suspendre temporairement l’exemption de visa afin de remédier à d’éventuels abus. En 2023, la Commission a proposé d’actualiser les règles afin de tenir compte des nouvelles menaces pour la sécurité.

Après l’approbation du Parlement européen en octobre, le Conseil de l’UE a adopté lundi de nouvelles règles qui permettront à l’UE de retirer le statut d’exemption de visa aux pays qui « ne s’alignent pas sur la politique de l’UE en matière de visas », en d’autres termes ceux qui permettent aux ressortissants de pays tiers d’arriver légalement sur leur territoire et d’entrer ensuite dans les pays de l’UE de manière irrégulière.

Le statut d’exemption de visa serait également révoqué pour les pays qui gèrent des systèmes de citoyenneté par investissement ou qui sont responsables de violations des droits de l’homme ou qui mènent des « actes hostiles » contre les États membres de l’UE « dans le but de déstabiliser ou d’ébranler la société ou les institutions qui sont essentielles pour la politique publique et la sécurité intérieure ».

Il peut s’agir de cyber-opérations, d’espionnage économique ou de sabotage d’infrastructures critiques.

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L’eurodéputé Matjaž Nemec, principal négociateur du dossier pour le Parlement européen, a déclaré en octobre : « L’Europe reste le continent le plus visité au monde par les touristes et les hommes d’affaires, et notre politique des visas est donc l’un de nos meilleurs outils de politique étrangère.

« Avec un mécanisme de suspension modernisé, l’UE sera en mesure de suspendre les voyages sans visa en cas de violations graves des droits de l’homme, et pourra cibler les suspensions sur les responsables gouvernementaux ou d’autres groupes.

Le régime d’exemption de visa peut être suspendu d’abord temporairement, puis définitivement. Les ministres ont convenu que la suspension initiale passerait de 9 à 12 mois, et qu’elle pourrait être prolongée de 24 mois avant d’être définitivement abrogée.

Le régime d’exemption de visa peut également être suspendu en cas d' »augmentation des crimes graves » commis par des ressortissants du pays concerné et d' »augmentation substantielle » du nombre de demandes d’asile rejetées, de refus d’entrée ou de personnes dépassant la durée de validité de leur visa (le seuil a été abaissé à 30 %, contre 50 % auparavant).

Les nouvelles règles entreront en vigueur 20 jours après leur publication au Journal officiel de l’UE et seront directement applicables dans les États membres de l’UE.

Jusqu’à présent, les accords d’exemption de visa de l’UE n’ont été suspendus que pour la Russie, la Biélorussie et l’État du Pacifique Sud, Vanuatu.

La décision de révoquer l’exemption de visa pour le Vanuatu a été prise en décembre 2024 parce que le pays gère un programme de citoyenneté des investisseurs qui permet aux ressortissants de pays tiers qui seraient autrement tenus d’avoir un visa pour entrer dans l’UE de recevoir la citoyenneté du Vanuatu en échange d’un investissement, obtenant ainsi également un accès sans visa à l’UE.