Une journée de rêve pour Dembélé : 4 points à retenir de la large victoire de la France face à la Norvège en Coupe du monde - 3

Le match de vendredi, qui opposait les deux leaders du groupe I, a été une véritable leçon de football – menée par le maestro Ousmane Dembélé et ses trois buts – : la France s’est imposée 4-1 face à la Norvège et enchaîne ainsi trois victoires consécutives. C’est la première fois que les Bleus remportent leurs trois matches de groupe depuis 1998, année où ils avaient été sacrés champions.

Les Bleus, privés de leur sélectionneur Didier Deschamps, rentré en France suite au décès de sa mère, ont livré une prestation qui a une nouvelle fois démontré pourquoi cette équipe fait figure de favorite. En conséquence, la France, vainqueur du groupe I, affrontera très probablement la Suède au New York New Jersey Stadium.

Quant à la Norvège, il s’agissait d’une défaite acceptable. Une bonne défaite, si tant est que cela puisse exister. Les Norvégiens ont encaissé quatre buts, mais Stale Solbakken avait considérablement remanié son effectif, laissant notamment l’attaquant Erling Haaland et le milieu de terrain Martin Odegaard sur le banc. Et pourtant, malgré tous ces changements, l’équipe s’est créé des occasions, même si elle a manqué un penalty. Elle devrait donc aborder avec confiance son prochain match contre la Côte d’Ivoire en seizièmes de finale.

Voici mes conclusions :

1. Ousmane Dembélé a enfin trouvé ses marques

Après avoir peiné à s’imposer avec la France sous les feux des projecteurs (19 matchs précédents en tournois internationaux majeurs sans marquer le moindre but), Dembélé compte désormais quatre buts à son actif dans cette Coupe du monde. La star du PSG, qui remportera le Ballon d’Or en 2025, est désormais en lice pour le Soulier d’Or, puisqu’il totalise autant de buts que son coéquipier Kylian Mbappé.

Dembélé a livré ici une performance emblématique. Lorsqu’on lui laisse de l’espace dans la surface et qu’il se décale vers l’intérieur pour utiliser son pied gauche, qu’il préfère légèrement, il est impossible de l’arrêter, et c’est ce qui s’est produit à maintes reprises. La Norvège a commis une grave erreur en lui laissant de l’espace, ce qui lui a permis de ne cesser de la punir.

Un fantastique triplé, qui est le deuxième plus rapide jamais réalisé par un titulaire dans l’histoire de la Coupe du monde (32 minutes), derrière celui de l’Autrichien Erich Probst en 1954 contre la Tchécoslovaquie.

2. La bonne décision de laisser Haaland sur le banc ?

MAURICE VAN STEEN / ANP (Photo ANP via Getty Images)

Solbakken a eu raison de laisser ses titulaires sur le banc, y compris Haaland, afin de s’assurer que son équipe soit aussi fraîche que possible pour les huitièmes de finale. Mais il y a aussi la dynamique et la confiance : a-t-il donc pris la bonne décision ?

Oui. La Norvège était prête à toutes les éventualités.

Lundi, après la victoire 3-2 contre le Sénégal, Haaland a évoqué la domination de la France, donnant une réponse d’une franchise rafraîchissante (quoique un peu désinvolte) lorsqu’il a été interrogé sur les chances de son équipe face aux Bleus.

« Honnêtement, je m’en fiche un peu (du match contre la France) », a déclaré Haaland. « On est qualifiés, on a réussi à passer, ce qui est incroyable… donc je ne peux pas vraiment me soucier de ce match maintenant. Ils (la France) vont probablement nous battre, ils vont probablement remporter tout le tournoi. »

Ce n’est pas une vision défaitiste, mais une vision réaliste. La Norvège est une très bonne équipe, mais elle ne dispose pas de l’effectif aussi étoffé que celui de la France ; si elle s’incline face à une joueuse du calibre d’Haaland, elle peut donc pratiquement dire adieu à un parcours historique, solide et de longue haleine.

De plus, malgré un effectif remanié face à un géant comme la France, la Norvège s’est tout de même créé de nombreuses occasions et aurait pu marquer davantage, notamment en manquant un penalty. C’est en tout cas très encourageant.

S’il y a bien une équipe capable d’encaisser une défaite et de rebondir immédiatement, c’est la Norvège.

3. La France montre pourquoi elle est l’équipe à battre

(Photo de Tom Weller/picture alliance via Getty Images)

Après sa victoire contre la Norvège, la double championne du monde termine désormais la phase de poules de manière parfaite, en remportant ses trois matches. Cela pourrait être de bon augure, car la dernière fois qu’elle a réalisé cet exploit, c’était en 1998, année où elle a remporté la compétition.

Bien sûr, en 2018, elle a également remporté le tournoi et, à l’époque, elle n’avait pas gagné ses trois matchs de phase de poules. Cependant, cet été, à mes yeux – comme je l’ai dit dès le premier jour –, la France semble de plus en plus forte car l’ensemble de l’effectif connaît son rôle.

Comment peut-on même arrêter cette équipe quand on a Mbappé en pointe, Michael Olise juste derrière lui, Désiré Doué à gauche… oh, et si on choisit de se concentrer sur l’aile droite, il y a Dembélé ?

Un tel talent offensif dévastateur ne devrait même pas être autorisé. Honnêtement, cette abondance de talents est écrasante pour n’importe quelle équipe de ce tournoi.

Certes, l’équipe cherche encore ses marques en défense – la France s’est fait surprendre sur le seul but de la Norvège –, mais on ne peut nier que la puissance offensive de la France l’emporte largement sur ses éventuelles faiblesses défensives.

4. Une journée chargée en émotions en l’absence de Deschamps

(Photo de Catherine Ivill – AMA/Getty Images)

Didier Deschamps est l’un des sélectionneurs les plus anciens du football international, à la tête de la France depuis 2012. Mais sa présence a manqué lors de ce match, puisqu’il est rentré en France après le décès de sa mère, ce qui a donné à cette journée de vendredi une signification particulière.

« Au nom de toute l’équipe de France, de toute la famille du football français, nous adressons nos condoléances au sélectionneur et à sa famille », a déclaré le milieu de terrain Aurélien Tchouaméni avant le match, depuis le stage de préparation de l’équipe. « C’est un moment difficile pour tout le monde. Nous avons essayé de faire comme si de rien n’était, mais nous avons une mission, et nous voulons qu’il soit fier de nous. »

Et c’est exactement ce qu’a fait le milieu de terrain du Real Madrid, en livrant une très solide prestation au milieu de terrain sous la houlette de l’entraîneur adjoint Guy Stephan.

« Il nous a confié une mission, tant au staff qu’aux joueurs. Guy suivra les instructions de l’entraîneur. Nous continuerons à respecter nos principes de jeu. Nous sommes convaincus que nous ferons tout notre possible pour gagner. »

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