Les trois pays scandinaves – le Danemark, la Norvège et la Suède – ont beaucoup en commun. Malgré cela, ils sont généralement les plus grands rivaux les uns des autres lors des compétitions sportives – à quelques exceptions près.
En règle générale, lors des tournois sportifs, les Scandinaves soutiennent farouchement leur propre pays. Pour un Danois, battre un Norvégien revêt généralement plus d’importance que de battre un Allemand ou un Italien (cela vaut particulièrement pour les Jeux olympiques d’hiver, où la Norvège surpasse régulièrement les autres pays de taille comparable).
Les tournois de handball sont également particulièrement disputés entre les pays scandinaves, où le Danemark, la Norvège et la Suède occupent régulièrement les premières places des classements internationaux.
Il existe également des rivalités particulières entre les différents pays : les Norvégiens et les Suédois entretiennent une rivalité de longue date en ski de fond, et le Danemark est historiquement la meilleure nation des trois en football, bien qu’il ne se soit pas qualifié pour la Coupe du monde 2026, contrairement aux deux autres.
On pourrait vous pardonner de penser qu’en raison de ces rivalités, les trois pays n’envisageraient jamais de se soutenir mutuellement lors d’un tournoi international – tout comme les Écossais et les Irlandais ne soutiendraient jamais les Anglais dans un tournoi (en fait, ils seraient plus enclins à soutenir n’importe qui SAUF les Anglais).
Mais vous risquez d’être pris de court si vous suivez un tournoi international depuis la Scandinavie, la Coupe du monde 2026 en étant un excellent exemple. Le Danemark ne s’est pas qualifié et la Suède a été éliminée par la France, mais les deux pays n’ont pas baissé les bras. Au contraire, ils se sont ralliés à la Norvège, qu’ils considèrent comme leur dernière chance de voir la Scandinavie remporter la Coupe du monde.
En effet, un sondage réalisé auprès des supporters de football suédois réalisé par Verian pour la chaîne publique suédoise SVT a montré (avant le match Norvège-Angleterre du 11 juillet) que près des trois quarts des Suédois soutiennent la Norvège, tandis que seuls 11 % espèrent sa défaite. Les Danois se rallient également à l’équipe norvégienne, et il y a tellement de supporters norvégiens dans les rues de Copenhague lorsque la Norvège joue qu’on pourrait facilement se croire à Oslo.
S’il y a un dénominateur commun dans ce genre de situation, c’est bien le mot « frère ». Les Danois et les Suédois qualifient souvent la Norvège de « petit frère » et affirment soutenir «broderfolket» (« le peuple frère ») plutôt que d’autres. C’est la rivalité fraternelle typique : nous voulons les battre nous-mêmes, mais si nous n’y parvenons pas, nous ne voulons pas que quelqu’un d’autre y parvienne non plus.
Le fait que la Norvège soit un peu l’outsider joue également en sa faveur : il s’agit de sa première Coupe du monde depuis 1998 et seulement de sa quatrième participation à la compétition. Qui n’aime pas les outsiders ?
Alors que la Norvège s’apprête à affronter l’Angleterre samedi, il ne reste plus qu’une chose à dire : Heia Norge !