La Russie déclare "indésirable" la Maison des droits de l'homme, dont le siège est en Norvège - 3

L’annonce faite vendredi après-midi n’est pas une surprise. Il n’y a plus de place pour les activités liées aux droits de l’homme en Russie.

Aujourd’hui, plus de 80 organisations de la société civile sont réunies au sein de la fondation Human Rights House. Défendant les libertés de réunion, d’association et d’expression, ces groupes sont basés dans de nombreux pays, mais leur siège se trouve à Oslo.

Human Rights House défend les droits civils en Russie depuis des années et soutient de nombreux individus et groupes locaux.

Le bureau du procureur général déclare que la Maison des droits de l’homme s’emploie à discréditer la politique étrangère de la Russie et ses forces armées. Le programme d’information provocateur de l’organisation vise à isoler la Russie sur le plan politique et économique, peut-on lire dans la déclaration.

« Les activités de la HRHF et des maisons nationales des droits de l’homme répertoriées visent à violer l’intégrité territoriale de l’État, à déstabiliser la situation sociopolitique, à discréditer la politique intérieure et étrangère menée par les dirigeants du pays et à former l’opinion publique sur la nécessité de changer de pouvoir de manière anticonstitutionnelle. »

Pour étayer son accusation selon laquelle la Human Rights House Foundation est une organisation étrangère « provocatrice », le bureau du procureur général se réfère à son enquête qui a révélé que les activités sont financées par l’Union européenne, la Grande-Bretagne, la Norvège, les Pays-Bas, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque et la Suisse.

Human Rights House est le deuxième groupe norvégien à être déclaré « indésirable » en Russie après la fondation environnementale Bellona qui a été inscrite sur la liste en avril.

PUBLICITÉ

La loi sur les organisations indésirables a été élargie à plusieurs reprises et peut être utilisée pour entraver toute organisation étrangère ou internationale qui porterait atteinte à l’ordre constitutionnel, à l’armée ou à la sécurité de la Russie.

Une fois inscrite sur la liste noire, toute « organisation indésirable » doit cesser toute activité en Russie sous peine de sanctions pénales.

Un amendement de 2021 à la loi facilite l’ouverture de procédures pénales pour les personnes affiliées à une organisation indésirable. Les infractions sont passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à six ans de prison.