
Une start-up allemande espère effectuer lundi un vol d’essai de sa fusée Spectrum depuis le port spatial norvégien d’Andøya, une première pour l’Europe qui souhaite conserver son accès à l’espace.
Prévu entre 12h30 et 15h30 CET, le lancement depuis le centre spatial arctique sera le premier vol d’un lanceur orbital depuis le continent européen, à l’exclusion de la Russie.
Mesurant 28 mètres de haut et deux mètres de diamètre, avec une capacité d’emport d’une tonne, le Spectrum ne transportera aucune cargaison lors de ce lancement et ne devrait pas atteindre l’orbite.
« Chaque seconde de vol est bénéfique, car nous recueillons des données et de l’expérience. Trente secondes seraient déjà un grand succès », a expliqué Daniel Metzler, cofondateur et directeur général d’Isar Aerospace, qui a construit la fusée.
« Nous ne prévoyons pas d’atteindre l’orbite avec ce test. En fait, aucune entreprise n’a encore réussi à mettre en orbite son premier lanceur orbital », a-t-il ajouté.
SpaceX du milliardaire américain Elon Musk a eu besoin de quatre tentatives. Nous voulons être plus rapides », a-t-il ajouté dans un courriel à l’AFP.
Le rapport Draghi de l’année dernière, qui présente des recommandations sur la manière dont l’Europe peut stimuler sa croissance économique, reconnaît l’espace comme un secteur clé.
L’Europe n’a plus accès aux stations spatiales et aux lanceurs russes depuis l’invasion totale de l’Ukraine par Moscou en février 2022.
Son industrie spatiale a également connu des retards dans le développement de la fusée Ariane 6 et la suspension du lanceur européen de satellites Vega-C à la suite d’un accident.
Ce n’est que le 6 mars, lorsque le premier vol commercial d’une fusée Ariane 6 a décollé de Kourou en Guyane française, que l’Europe a pu retrouver son indépendance spatiale après plusieurs mois sans accès à l’espace.
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Course à l’espace
Les petits lanceurs moins coûteux comme le Spectrum, généralement développés par des acteurs privés, sont un complément bienvenu pour mettre en orbite des satellites miniatures, souvent utilisés pour l’observation de la Terre ou la couverture de l’internet.
« La montée en puissance de ces nouveaux acteurs et des nouveaux services de lancement européens s’inscrit dans un objectif commun : garantir un accès indépendant et souverain à l’espace. Leur rôle devrait se renforcer dans les années à venir », a déclaré à l’AFP Toni Tolker-Nielsen, directeur du transport spatial à l’Agence spatiale européenne (ESA).
Le marché européen se bat pour rattraper les groupes américains comme SpaceX de Musk et Blue Origin, propriété de Jeff Bezos.
Outre Isar Aerospace, l’Europe accueille les sociétés allemandes HyImpulse et Rocket Factory Augsburg (RFA), les groupes français Latitude et MaiaSpace et la société espagnole PLD Space, qui s’efforcent tous de s’imposer comme des acteurs clés du secteur.
Parallèlement, un certain nombre de projets de ports spatiaux prennent forme dans toute l’Europe, des Açores portugaises aux îles britanniques Shetland, en passant par Andøya en Norvège et Esrange dans la Suède voisine, beaucoup d’entre eux espérant devenir les premiers à procéder à des lancements.
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En Grande-Bretagne, la société Virgin Orbit de l’entrepreneur milliardaire Richard Branson a mis fin à ses activités après l’échec d’une tentative de lancement de la première fusée en orbite à bord d’un Boeing 747 qui avait décollé d’un port spatial en Cornouailles.
Le lancement d’Isar Aerospace lundi sera le premier lancement vertical d’un véhicule orbital sur le continent européen, où les lancements ont jusqu’à présent concerné des fusées suborbitales.
« Quel que soit le résultat, le lancement de Spectrum marquera une étape importante, puisqu’il s’agit du premier lancement d’un lanceur européen sous responsabilité entièrement privée. Nous soutenons pleinement cet élan », a déclaré Mme Tolker-Nielsen.
Fondée en 2018, la start-up munichoise se targue d’avoir développé son lanceur à deux étages presque entièrement en interne.
L’entreprise a déjà signé un contrat avec l’agence spatiale norvégienne pour mettre en orbite deux satellites de surveillance maritime d’ici 2028.
Le port spatial d’Andøya, qui se présente comme « le premier port spatial opérationnel en Europe continentale », affirme que sa situation dans l’Arctique est idéale pour le lancement de satellites polaires et de satellites en orbite héliosynchrone (SSO).
Passionnée par la culture nordique, par la nature, par l’écriture, voici que j’ai réunie mes passions dans ce site où je vous partage mes expériences et mes connaissances sur la Norvège spécialement. J’y ai vécu 2 ans entre 2015 et 2017, depuis les décors me manque, la culture me manque. Bonne lecture.
