
La plateforme d’achat en ligne Temu a fait des vagues en Norvège grâce à ses prix très bas, mais les choses sont peut-être sur le point de changer.
La pression croissante exercée par les autorités norvégiennes, l’examen de plus en plus minutieux de la réglementation et les nouvelles taxes potentielles sur les distributeurs de colis pourraient bientôt rendre les commandes auprès de Temu plus coûteuses pour les consommateurs norvégiens.
L’attrait de la plateforme d’achat réside dans ses prix bas et son vaste choix, mais de récentes enquêtes ont jeté une ombre sur ses activités.
Une inspection conjointe des pays nordiques portant sur des produits commandés sur Temu et d’autres plateformes similaires a révélé que 7 articles sur 10 contenaient des substances dangereuses, y compris des matériaux interdits par la législation norvégienne et européenne.
Cette découverte a incité le ministre norvégien du climat et de l’environnement, Andreas Bjelland Eriksen, à convoquer les distributeurs de colis à une réunion de haut niveau lundi.
Leur mission (déclarée) ?
Déterminer comment la Norvège peut mieux réguler le flux d’importations en ligne à partir de plateformes comme Temu et protéger les consommateurs contre les marchandises dangereuses.
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Des contrôles plus stricts
À l’issue de la réunion, le ministre Eriksen a insisté sur la reconnaissance collective du fait que « davantage de contrôle est nécessaire », a rapporté le journal économique e24.
À court terme, le gouvernement souhaite renforcer les contrôles douaniers sur les colis entrants afin de détecter les violations des réglementations en matière d’environnement et de sécurité.
Même si cela ne couvrira pas la totalité des 31 000 colis Temu entrant chaque jour en Norvège, l’objectif est de créer une menace crédible d’application de la loi, afin d’inciter les distributeurs à couper les liens avec les vendeurs qui ne respectent pas la réglementation.
M. Eriksen a précisé que le gouvernement était prêt à agir unilatéralement si les distributeurs ne prenaient pas leurs responsabilités.
Il pourrait notamment assigner de nouvelles obligations légales aux distributeurs, en leur demandant par exemple de faire preuve de diligence raisonnable à l’égard des partenaires de la plateforme ou de rejeter les livraisons qui ne répondent pas aux normes norvégiennes.
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Pourquoi les consommateurs pourraient payer plus cher
Bien que la protection des consommateurs soit au cœur des efforts du gouvernement, ces contrôles supplémentaires ne seront probablement pas gratuits – et le coût pourrait être supporté par les consommateurs norvégiens.
Les distributeurs tels que Posten et Bring ne sont généralement pas autorisés à ouvrir les emballages individuels.
Toutefois, s’ils sont tenus de soutenir les douanes en élargissant les zones de contrôle, en formant le personnel et en procédant à des mises à niveau technologiques pour assurer le suivi de la conformité réglementaire, ces changements nécessiteront des investissements considérables.
De même, si la nouvelle législation impose à ces entreprises des obligations en matière de responsabilité ou d’application, elles devront mettre au point des systèmes internes de mise en conformité – des coûts qui pourraient, du moins en partie, être répercutés sous forme d’augmentation des frais de service ou des frais de livraison.
Pour les plateformes comme Temu, la pression supplémentaire exercée par les réglementations norvégiennes ou européennes peut les obliger à modifier leurs pratiques d’approvisionnement, à se soumettre à des audits externes ou à exclure complètement certains fournisseurs.
Cela pourrait réduire la disponibilité de produits bon marché, en particulier ceux qui ne respectent pas les normes de sécurité.
Dans le domaine de la logistique, le temps, c’est de l’argent : des inspections et des retenues douanières supplémentaires pourraient retarder les délais de livraison, ce qui inciterait les distributeurs à augmenter leurs prix ou à donner la priorité à des services plus onéreux.
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Un changement à long terme se profile à l’horizon
Une autre source potentielle d’inflation des prix est la volonté de la Norvège de s’aligner davantage sur les cadres réglementaires de l’UE en matière de commerce électronique et de protection des consommateurs.
Le ministre du climat, M. Eriksen, et la ministre de l’enfance et de la famille, Mme Lene Vågslid, ont tous deux exprimé leur soutien à des systèmes européens plus intégrés qui garantissent des données de sécurité cohérentes d’un pays à l’autre.
S’ils se concrétisent, ces systèmes pourraient conduire à l’adoption d’exigences de conformité plus strictes à l’échelle de l’UE et de l’EEE pour les plateformes hors EEE comme Temu.
Bien que cela puisse potentiellement normaliser l’application, cela pourrait également augmenter la charge réglementaire sur les vendeurs étrangers et leurs partenaires logistiques, ce qui augmenterait les coûts de l’activité commerciale en Norvège.
Un prix qui vaut la peine d’être payé ?
Cette vague croissante de responsabilité pourrait bientôt faire augmenter le coût des commandes de Temu en Norvège. Et comme les distributeurs et les plateformes absorbent ces nouvelles responsabilités, le client final verra probablement la différence dans sa facture finale.
Cependant, ne vous attendez pas à ce que les consommateurs descendent dans la rue – de nombreux Norvégiens pourraient considérer qu’il s’agit d’un prix à payer dans le contexte plus large de la sécurité des consommateurs.
Passionnée par la culture nordique, par la nature, par l’écriture, voici que j’ai réunie mes passions dans ce site où je vous partage mes expériences et mes connaissances sur la Norvège spécialement. J’y ai vécu 2 ans entre 2015 et 2017, depuis les décors me manque, la culture me manque. Bonne lecture.
