
L’espace Schengen sans frontières garantit la libre circulation à des dizaines de millions de citoyens, de résidents et de visiteurs de l’Union européenne. À l’occasion de son 40e anniversaire, Claudia Delpero explique comment tout a commencé et quels sont les problèmes auxquels il est confronté.
Qui aurait cru qu’une petite ville du Luxembourg serait devenue célèbre pour avoir donné son nom à un visa et à la plus grande zone de libre circulation au monde ?
Il s’agit de Schengen, où il y a quarante ans, le 14 juin 1985, cinq pays européens ont signé une convention visant à « supprimer progressivement » les contrôles aux frontières intérieures et à permettre à leurs citoyens de circuler librement. Voici l’histoire de ces événements et de ce qui s’est passé par la suite.
Comment cela a-t-il commencé ?
L’accord de Schengen n’a pas été le premier accord de libre circulation en Europe. Les pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) et l’Union européenne (UE) ont signé l’Accord de Schengen. Pays nordiques avaient déjà établi leurs zones de libre circulation. La zone de voyage commune au Royaume-Uni et à l’Irlande était également en place.
En 1984, la France et la République fédérale d’Allemagne ont signé l’accord de Sarrebruck visant à supprimer progressivement les contrôles à leurs frontières.
La Convention de Schengen s’est inspirée de cet accord et a intégré la Belgique, l’Allemagne de l’Ouest de l’époque, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas.
La signature a été un événement discret mais symbolique, puisqu’elle a eu lieu sur un bateau, le Princesse Marie-Astrid, sur la Moselle, à la frontière luxembourgeoise avec l’Allemagne et la France.
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À l’époque, la Communauté économique européenne (aujourd’hui l’UE) comptait 10 membres. L’accord de Schengen a été signé entre les gouvernements, en dehors du cadre juridique de la CEE.
L’Italie a notamment été exclue en raison de sa politique d’immigration jugée trop laxiste. La Grèce a également été écartée, tandis que le Danemark, le Royaume-Uni et l’Irlande n’ont pas souhaité ouvrir leurs frontières.
En 1990, la Convention de Schengen est venue compléter l’accord détaillant les modalités de mise en place d’un espace sans contrôles aux frontières intérieures. Le traité d’Amsterdam, signé en 1997 et entré en vigueur en 1999, a intégré Schengen dans le système juridique de l’Union européenne.
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Combien de pays font partie de l’espace Schengen ?
Aujourd’hui, l’espace Schengen comprend 25 des 27 États membres de l’UE et les quatre pays de l’Association européenne de libre-échange (Islande, Liechtenstein, Norvège et Suisse).
La Roumanie et la Bulgarie ont été les derniers pays à rejoindre l’espace Schengen, le 1st janvier 2025, et Chypre devrait faire partie de l’espace Schengen à partir de 2026. Il est peu probable que l’Irlande rejoigne l’espace Schengen à court terme, car cela nécessiterait l’établissement d’une frontière avec l’Irlande du Nord.
Selon le site web du Conseil de l’UE, l’espace Schengen couvre plus de 4,5 millions de kilomètres carrés et compte une population totale de près de 450 millions de personnes. Chaque jour, environ 3,5 millions de personnes franchissent les frontières intérieures de l’espace Schengen pour travailler, étudier ou visiter, et près de 1,7 million de personnes résident dans un pays de l’espace Schengen tout en travaillant dans un autre.
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Quel est l’objectif de l’accord de Schengen ?
L’objectif principal de l’accord de Schengen était de supprimer les contrôles aux frontières intérieures, l’un des aspects les plus tangibles de l’intégration européenne.
Dans le même temps, l’accord cherche à renforcer les contrôles aux frontières extérieures en augmentant la coopération entre les autorités policières. Cela se fait grâce au Système d’information Schengen (SIS), qui permet aux pays membres de partager des informations sur les personnes et les biens recherchés ou disparus, à la création de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) et à l’agence de l’Union européenne pour la coopération en matière de répression (Europol).
Si la politique des visas reste une question de droit national, la convention de Schengen a également établi un visa commun pour les visiteurs de courte durée.
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Qu’est-ce qu’un visa Schengen ?
Les ressortissants de pays tiers qui ont besoin d’un visa pour se rendre dans l’UE à des fins de loisirs peuvent demander un visa Schengen, qui leur permet de séjourner et de voyager dans l’espace sans frontières pendant 90 jours au maximum au cours d’une période de 180 jours. De même, les personnes voyageant pour affaires peuvent demander un visa d’affaires Schengen.
Les ressortissants de pays sans visa, tels que les Britanniques, les Américains, les Canadiens ou les Australiens, peuvent passer jusqu’à 90 jours sur 180 dans l’espace Schengen sans visa.
Mais des contrôles restent en place à de nombreuses frontières…
Le code frontières Schengen, qui définit les règles régissant l’espace Schengen, prévoit que les contrôles aux frontières intérieures peuvent être temporairement rétablis en cas de « menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure », qu’il s’agisse de l’organisation d’un grand événement sportif ou d’un attentat terroriste.
Ces contrôles doivent être une mesure de « dernier recours », être limités à la période « strictement nécessaire » pour répondre à la menace et ne pas durer plus de six mois. Dans des circonstances exceptionnelles, les contrôles aux frontières intérieures peuvent être réintroduits pour une durée maximale de deux ans.
Les pays qui réintroduisent les contrôles aux frontières doivent en informer la Commission européenne et les autres États membres et expliquer en détail les raisons de leur décision. Les contrôles aux frontières intérieures de l’UE sont actuellement renforcés dans de nombreux pays, dont l’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie, le Danemark, l’Autriche et la Suède.
La liste complète des pays ayant mis en place des contrôles est disponible à l’adresse suivante ici.
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Bien que ces mesures doivent être exceptionnelles, la libre circulation des personnes dans l’espace Schengen n’a cessé d’être perturbée. Une récente réforme des règles vise à garantir que les contrôles frontaliers soient une exception, en améliorant la coopération policière et en établissant des contrôles ciblés dans les régions frontalières.
Lorsque des contrôles sont mis en place, les gouvernements doivent limiter leur impact sur les zones frontalières, sur les travailleurs transfrontaliers et sur le fonctionnement du marché unique, notamment pour garantir le transit des biens « essentiels », comme ce fut le cas lors de la pandémie.
Que nous réserve l’avenir ?
La prochaine étape du développement de l’espace Schengen sera sa numérisation.
Les pays de l’UE se sont récemment mis d’accord pour introduire la possibilité de demander un visa en ligne et remplacer la vignette visa actuelle dans les passeports par un visa numérique.
Un changement majeur, attendu en octobre après de nombreux retards, sera l’introduction du système d’entrée/sortie (EES), une infrastructure informatique qui enregistrera les ressortissants de pays tiers voyageant pour un court séjour à chaque fois qu’ils entrent et sortent de l’espace Schengen.
Cette mesure vise à renforcer la sécurité et à éviter les séjours dépassant les 90 jours sur une période de 180 jours. Les voyagistes et les gouvernements craignent depuis longtemps les retards aux frontières qui résulteront de la mise en place du système européen d’asile. C’est pourquoi les gouvernements de l’UE ont accepté d’échelonner le déploiement de l’EES et de permettre aux pays de suspendre les contrôles en cas de problèmes aux frontières.
L’UE révèle comment les contrôles biométriques aux frontières seront mis en place progressivement.
Après le système européen d’information et d’autorisation, les pays de l’espace Schengen introduiront également le système européen d’information et d’autorisation sur les voyages (ETIAS), qui obligera les ressortissants de pays tiers exemptés de visa à demander une autorisation de voyage avant leur déplacement. Une fois demandée, l’ETIAS sera valable trois ans.
Passionnée par la culture nordique, par la nature, par l’écriture, voici que j’ai réunie mes passions dans ce site où je vous partage mes expériences et mes connaissances sur la Norvège spécialement. J’y ai vécu 2 ans entre 2015 et 2017, depuis les décors me manque, la culture me manque. Bonne lecture.
