Les travaillistes aux urnes contre le "Norvégien Meloni" - 3

Bruxelles – La Norvège est prise en étau entre sa social-démocratie historique et la droite. Le pays nordique s’est rendu aux urnes aujourd’hui pour les élections législatives. Les candidats les plus en vue sont le Premier ministre sortant, le travailliste Jonas Gahr Støre contre le champion de la droite Sylvi Listhaug. Tous deux ont un CV bien rempli : Støre est Premier ministre depuis 2021, tandis que Listhaug a été ministre de la Justice en 2018. Le « Meloni norvégien », comme l’appellent les Le Figaro l’a appelée, a ramené le Parti du progrès, désormais deuxième formation nationale, sur le devant de la scène.

Le défi est serré. Les sondages donnent Les sondages situent les travaillistes à environ 27 %, et l’extrême droite de Listhaug à 21 %.. Les coalitions possibles rapprochent toutefois les deux candidats : Listhaug devrait pouvoir bénéficier des votes des conservateurs de l’ancien premier ministre Erna Solberg, ce qui donne un résultat d’environ 81 sièges, juste en dessous du seuil de le 85 nécessaires pour obtenir une majorité.

Støre reste le favori, compte tenu de l’aide in extremis reçue de la part de Jens Stoltenberg, le ancien secrétaire général de l’OTAN et ministre sortant de l’économie. Pour la presse, c’est le « Stoltenback » qui a redonné de l’enthousiasme au centre-gauche après un début d’année 2025 négatif. Malgré ces atouts, le risque pour le parti travailliste est de devoir créer une coalition très large, incluant, outre le Parti du centre agraire et la Gauche socialiste déjà présents, le Parti rouge d’extrême gauche et les Verts, jusqu’à présent exclus de l’exécutif.

Pour les cinq millions d’habitants de la Norvège, les élections se déroulent à un moment crucial de leur vie. une période d’inflation. L’une des raisons est l’augmentation des prix du gaz. Cette augmentation est en partie due au fait que la Norvège est membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Espace économique européen (EEE). Depuis 2022, Oslo est obligée d’augmenter les prix de l’électricité pour se conformer aux règles du marché de l’énergie de l’UE. Un paradoxe pour un pays qui n’a pas de problème d’approvisionnement en énergie. Les Norvégiens se sont sentis bafoués et contraints de payer une augmentation de leurs factures alors que l’entreprise publique Statkraft L’entreprise d’énergie a doublé ses revenus.

C’est précisément pour cette raison que les Norvégiens ne voient pas d’un bon œil l’adhésion à l’UE à l’heure actuelle. En fait, les dirigeants des partis ont laissé la question en arrière-plan pendant la campagne électorale, conscients du fait que, selon certaines études, l’adhésion à l’Union européenne est une question qui n’est pas encore réglée, plus de la moitié (55 %) s’opposerait à l’adhésion à l’UE.

Le succès potentiel du Parti du progrès mettrait encore plus de côté la question, étant donné l’opposition claire de M. Listhaug. Le leader a lancé l’idée de de renégocier les règles de participation à l’Espace économique européen (EEE), qui garantit la libre circulation des marchandises entre la Norvège et l’UE. L’hypothèse suggérée par le « Meloni norvégien » ne restera probablement que dans les manifestes électoraux. Oslo exporte environ 66 % de ses marchandises vers les États membres et ne peut se permettre une réduction. L’ancien premier ministre s’est quant à lui montré plus bavard : « […]L’Europe a besoin de la Norvège et la Norvège a besoin de l’Europe, » même s’il ne s’agit pas d’y adhérer.

Les premiers résultats des élections seront disponibles après la fermeture des bureaux de vote à 21 heures. L’ancien premier ministre travailliste semble bien parti pour être reconduit dans ses fonctions, mais en Norvège, comme dans le reste de l’Europe, l’ultra-droite va sans doute accroître son soutien.

Version anglaise par le service de traduction de Withub