
Les pays européens ont délivré quelque 3,57 millions de premiers titres de séjour à des ressortissants de pays tiers en 2024, soit 315 000 de moins qu’en 2023. Comment expliquer cette baisse ?
Les pays de l’UE ont délivré quelque 3,5 millions de premiers permis de séjour en 2024.
Si l’on ajoute les pays de l’AELE que sont la Suisse (47 500) et la Norvège (23 600), ce chiffre atteint 3,57 millions.
Cela représente une baisse de 8 %, soit 315 000 de moins, par rapport aux 3,8 millions de permis délivrés en 2023, l’année où le nombre de permis a été le plus élevé jamais enregistré, selon les données publiées par l’office statistique de l’UE, Eurostat.
Les premiers permis de séjour sont de nouvelles autorisations délivrées par les autorités nationales aux ressortissants de pays non membres de l’UE/AELE pour séjourner dans le pays pour des raisons professionnelles, familiales, éducatives ou autres. Ils peuvent être délivrés pour une période allant de trois mois minimum à un an ou plus. Les données incluent également les permis délivrés en raison d’une modification d’un statut de résidence antérieur.
La baisse enregistrée en 2024 s’explique en partie par le fait que moins de premiers permis de séjour pour emploi (-12 %) ont été délivrés, ainsi que par une baisse de 6,5 % du nombre de permis délivrés au titre du regroupement familial. Le nombre de permis délivrés pour d' »autres » raisons a également baissé de 10 % (voir ci-dessous). Toutefois, les permis délivrés à des fins d’éducation ont enregistré une légère augmentation (+0,8 pour cent).
Les baisses relatives les plus importantes du nombre de nouveaux permis délivrés ont été observées chez les citoyens originaires du Belarus (-38 pour cent), de Turquie (-13 pour cent), d’Afghanistan (-10 pour cent) et d’Inde (-9 pour cent).
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En ce qui concerne les pays émetteurs, la baisse relative la plus importante a été enregistrée en Estonie (-42 %), à Malte (-30 %) et en Pologne (-24 %), avec une tendance négative significative également en Slovaquie et en Allemagne (-18 %), en Finlande et en Slovénie (-14 %).
Des augmentations relatives ont été enregistrées en Grèce (+24%) et à Chypre (+16%).
Dans l’UE, le plus grand nombre de premiers permis de séjour a été accordé à des citoyens ukrainiens (295 600), indiens (192 400) et marocains (188 400).
Permis de séjour pour raisons professionnelles
Dans l’ensemble, l’emploi est la principale raison pour laquelle les citoyens non européens ont pu obtenir un premier permis de séjour dans les pays européens. Cela concerne 1,1 million de personnes, soit 32 % du nombre total de premiers permis.
Il existe toutefois des différences entre les pays.
L’emploi est le facteur le plus courant en Croatie (95 %), en Lituanie (82 %) et en Roumanie (77 %), mais aussi en Bulgarie, en République tchèque, au Danemark, à Chypre, en Lettonie, en Hongrie, à Malte, en Pologne, au Portugal, en Slovénie et en Slovaquie.
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La Pologne est la principale destination des travailleurs non européens (près de 338 000 premiers permis pour cette raison), suivie de l’Espagne (96 000), de la Croatie (86 000) et de l’Allemagne (77 000).
Les Ukrainiens et les Biélorusses ont reçu le plus grand nombre de premiers permis de séjour dans l’UE pour des raisons d’emploi, dont la majorité a été délivrée en Pologne.
L’emploi est également le premier motif de délivrance d’un premier permis de séjour pour les hommes, tandis que pour les femmes, le principal motif est la famille.
Raisons familiales
Près d’un million (950 600) de premiers permis de séjour ont été délivrés pour des raisons familiales, soit 27 % du total. Le fait de rejoindre des membres de sa famille était le motif le plus courant pour les nouveaux permis de séjour au Luxembourg, en Suède, en Espagne, en Belgique, en Finlande, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Estonie, en Islande, en Norvège et en Suisse.
L’Espagne (258 000), l’Allemagne (197 000), l’Italie (110 000) et la France (91 000) sont les pays de l’UE qui ont délivré le plus grand nombre de premiers permis de séjour pour raisons familiales.
La famille est le principal motif des permis accordés aux citoyens du Maroc (47 %), de la Colombie (45 %) et de la Turquie (35 %).
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Raisons de l’éducation
L’année dernière, 549 400 premiers permis de séjour délivrés par les pays de l’UE (soit près de 16 %) l’ont été pour des raisons liées à l’éducation.
L’Irlande et la France sont les seuls États de l’UE où ce motif est prédominant pour les nouveaux résidents (48 et 33 % respectivement). En termes absolus, l’Espagne et l’Allemagne, ainsi que la France, ont été les principales destinations des étudiants non européens.
Les Indiens constituent le groupe le plus nombreux à recevoir un premier permis de séjour à des fins d’études, dont près d’un tiers a été délivré en Allemagne. En termes relatifs, l’éducation est le principal motif des nouveaux permis de séjour délivrés aux ressortissants chinois (34 %).
Dans l’ensemble de l’UE, presque la même proportion de premiers permis de séjour a été délivrée à des hommes et à des femmes (8 et 7,7 % respectivement) à cette fin.
Autres raisons
Parmi les autres raisons d’obtenir un permis de séjour figurent la protection internationale (statut de réfugié) ou différents types de résidence, par exemple en tant que retraité. Ces raisons représentaient 886 300 (25 %) des premiers permis de séjour délivrés en 2024 et étaient les plus courantes en Grèce, en Italie, en Autriche et en Estonie.
Les Syriens sont en tête de liste des premiers permis de séjour délivrés pour d’autres raisons, dont 56 % ont été accordés en Allemagne.
En ce qui concerne la nationalité, ce sont les ressortissants afghans (85 %), syriens (79 %) et bangladais (41 %) qui ont le plus souvent obtenu un premier permis de séjour.
Les personnes bénéficiant d’une protection temporaire de l’UE, comme celles qui ont quitté l’Ukraine à la suite de l’invasion russe, ne sont pas couvertes par ces statistiques.
Principaux pays émetteurs
Le pays qui a délivré le plus grand nombre de premiers permis de séjour en 2024 est l’Espagne (562 000, soit 16 % du total), suivie de l’Allemagne (545 000), de la Pologne (489 000), de l’Italie et de la France (346 000 et 342 000).
Par rapport à la population, la proportion la plus élevée a été enregistrée à Malte (52 permis pour 1 000 habitants) et à Chypre (41), tandis que la plus faible a été observée en Roumanie, en Bulgarie et en Estonie (environ 3). Dans l’ensemble de l’UE, 7,8 premiers permis de séjour ont été délivrés pour 1 000 habitants en 2024.
Passionnée par la culture nordique, par la nature, par l’écriture, voici que j’ai réunie mes passions dans ce site où je vous partage mes expériences et mes connaissances sur la Norvège spécialement. J’y ai vécu 2 ans entre 2015 et 2017, depuis les décors me manque, la culture me manque. Bonne lecture.
