La Norvège envisage de mettre en place une police militaire sur une île isolée de l'Arctique - 3

MILAN – Le ministère norvégien de la Défense a présenté un projet de réglementation sur l’extension possible de l’autorité de la police militaire sur l’île norvégienne isolée de Jan Mayen, dans l’Arctique norvégien.

La proposition, qui est soumise à l’avis des parties prenantes jusqu’au mois prochain, étendrait le champ d’application géographique de la loi norvégienne sur la police militaire à Jan Mayen.

Selon les autorités norvégiennes, ce changement est nécessaire en raison du paysage sécuritaire incertain auquel le pays est confronté, ainsi que de la possibilité d’une augmentation future de la présence norvégienne et alliée dans la région.

L’île volcanique norvégienne inhabitée, située dans l’océan Arctique, se trouve à environ 500 kilomètres à l’est du Groenland. Elle sert d’avant-poste météorologique et militaire, avec une petite présence tournante de personnel des forces armées norvégiennes.

Elle accueille le Jan Mayensfield, une piste d’atterrissage utilisée pour des vols militaires occasionnels ou pour le transport de personnel et de matériel vers les stations de l’île.

En vertu de la loi sur la police militaire, une « zone militaire peut être établie et appliquée sur l’île – en tant qu’officier des forces armées, le commandant de la station aura également le pouvoir d’intervenir pour maintenir la sécurité et prévenir ou faire cesser les violations de la loi », indique le document soumis par les autorités norvégiennes.

En février, le pays a annoncé son intention de construire une nouvelle connexion de données par fibre optique sous-marine reliant le continent norvégien aux îles arctiques de Svalbard et Jan Mayen.

En 2020, la visite d’un escadron de l’armée de l’air américaine sur la petite île a soulevé des problèmes avec le ministère russe des affaires étrangères.

Le personnel de l’armée de l’air américaine examinait l’aérodrome pour déterminer si les avions de transport militaire C-130J Super Hercules pouvaient y atterrir. Dans une interview accordée à Reuters, le ministère russe des affaires étrangères a déclaré que cette visite était « alarmante » et s’inscrivait dans le cadre de l’activité militaire accrue de la Norvège visant la Russie et déstabilisant la région.

Les pays dont les territoires comprennent des régions arctiques éloignées ont commencé à considérer ces endroits comme des points chauds potentiels dans une région qui se réchauffe.

Un rapport publié le mois dernier par l’Arctic Institute a mis en garde contre la vulnérabilité du Svalbard, un archipel de l’océan Arctique situé entre la Norvège continentale et le pôle Nord, face à une éventuelle confrontation avec la Russie.

Cependant, Moscou n’est pas la seule menace pour la sécurité de la région identifiée par les pays scandinaves. La semaine dernière, le Danemark a désigné pour la première fois les États-Unis comme un problème de sécurité potentiel dans son rapport annuel sur le renseignement, suite à l’intérêt exprimé par le président Donald Trump de prendre le contrôle du Groenland.

Elisabeth Gosselin-Malo est correspondante Europe pour Defense News. Elle couvre un large éventail de sujets liés aux acquisitions militaires et à la sécurité internationale, et se spécialise dans les reportages sur le secteur de l’aviation. Elle est basée à Milan, en Italie.