
La commission d’éthique de la Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS) a suspendu deux entraîneurs norvégiens de saut à ski et le technicien chargé des combinaisons de l’équipe pour 18 mois pour avoir manipulé les combinaisons lors des championnats du monde de cette discipline l’année dernière.
Dans une décision rendue jeudi après 11 mois d’enquête et de litige dans une affaire qui a fait honte à la Norvège et contraint la FIS à revoir ses protocoles d’application, le comité a décidé de soutenir la demande de la fédération visant à infliger une sanction beaucoup plus sévère que les sanctions précédentes.
« Le comité a examiné mais rejeté la possibilité d’imposer une sanction légère, voire minimale, aux défendeurs », indique la décision. « De l’avis (du comité), le moment est en effet venu de marquer clairement ce qui n’est pas acceptable dans le domaine du saut à ski. »
Lors des Championnats du monde de ski nordique 2025 à Trondheim, en Norvège, en mars dernier, le pays hôte a remporté six médailles en saut à ski, trois d’or et trois de bronze, son meilleur résultat jamais obtenu lors de cette compétition. La veille de la dernière journée des championnats, Magnus Brevig, l’entraîneur en chef de l’équipe norvégienne, et Adrian Livelten, son technicien en combinaisons, ont été filmés en train d’insérer des coutures non élastiques illégales dans l’entrejambe des combinaisons de deux sauteurs vedettes, dont le champion olympique en titre, Marius Lindvik, après que les combinaisons aient déjà passé l’inspection.
Ces coutures servaient essentiellement à agrandir la zone de l’entrejambe des combinaisons, à la rendre plus lisse et plus aérodynamique, permettant ainsi aux sauteurs de voler plus loin que leurs concurrents. Thomas Lobben, alors entraîneur adjoint de l’équipe, n’apparaissait pas sur la vidéo, mais il a avoué par la suite avoir participé à la conspiration, qui impliquait également la manipulation de la combinaison de Johann André Forfang, membre de l’équipe mixte norvégienne qui a remporté l’or aux championnats du monde.
Marius Lindvik est le champion olympique en titre dans la compétition de grand tremplin. Il devrait défendre son titre le mois prochain en Italie. (Wojtek Radwanski / AFP via Getty Images)
Lindvik, 27 ans, et Forfang, 30 ans, ont affirmé ne pas être au courant. Les entraîneurs ont corroboré ces déclarations, et les athlètes ont été suspendus pour seulement trois mois, qu’ils ont pu purger pendant l’été. Ils devraient participer aux Jeux olympiques le mois prochain. Forfang a remporté une médaille d’or par équipe et une médaille d’argent individuelle aux Jeux de 2018 à Pyeongchang, en Corée du Sud.
Cette affaire a été particulièrement douloureuse pour la Norvège, un pays réputé pour son respect des règles et sa domination dans les sports d’hiver, qui a remporté plus de médailles olympiques d’hiver que tout autre pays. Ces révélations ont frappé au cœur de l’identité nationale du pays.
Cette décision a représenté une victoire importante pour la FIS. Les entraîneurs ont soutenu pendant des mois que leur comportement était conforme à un sport où repousser les limites des règles, et parfois les dépasser, fait partie de la culture. Les violations précédentes dans ce sport avaient été sanctionnées par des peines si légères, ont-ils fait valoir, qu’ils ne savaient pas que des sanctions sévères étaient possibles.
Selon la décision, cela « revient dangereusement à dire, de manière peu attrayante selon le comité, que les défendeurs étaient prêts à prendre le risque d’obtenir le meilleur résultat pour l’équipe norvégienne car, même s’ils étaient pris, la sanction serait minime ».
Dans cette affaire, la vidéo a révélé au monde entier à quel point la tricherie dans ce sport peut être effrontée et a remis en question la légitimité des compétitions de haut niveau. Les avocats des entraîneurs ont fait valoir que la présence d’une vidéo obscène ne devrait pas entraîner une sanction plus sévère que les avertissements et les disqualifications prononcés par la FIS pour des infractions liées à l’équipement dans le passé.
La FIS et son comité d’éthique n’étaient pas d’accord.
« De l’avis du comité », indique la décision, « c’est le fait des violations, dont l’aveu a été contraint par les preuves vidéo, qui justifie l’imposition de sanctions. »
La décision rendue jeudi a également condamné chacun des entraîneurs à payer 5 000 francs suisses (environ 6 200 dollars américains) pour couvrir les frais de procédure. Brevig, Livelten et Lobben ont 21 jours pour faire appel devant le Tribunal arbitral du sport.
Les suspensions des entraîneurs, qui ont été licenciés à la suite du scandale, sont rétroactives à mars dernier, ce qui leur permettrait de reprendre leur carrière la saison prochaine s’ils parviennent à trouver un emploi.
Les athlètes impliqués dans cette affaire ont connu des difficultés jusqu’à présent cette saison sur le circuit de la Coupe du monde. Forgang est actuellement 16e et Lindvik 18e. Les épreuves olympiques de saut à ski débuteront le 7 février à Predazzo, en Italie.
Passionnée par la culture nordique, par la nature, par l’écriture, voici que j’ai réunie mes passions dans ce site où je vous partage mes expériences et mes connaissances sur la Norvège spécialement. J’y ai vécu 2 ans entre 2015 et 2017, depuis les décors me manque, la culture me manque. Bonne lecture.
