
Le gouvernement norvégien a proposé de nouvelles règles visant à s’aligner sur la réforme européenne en matière d’immigration, en instaurant des contrôles plus stricts pour les ressortissants de pays tiers entrant en Norvège.
Dans le but de renforcer les contrôles aux frontières et la sécurité nationale, le gouvernement norvégien a présenté une proposition visant à transposer le « règlement sur le contrôle » de l’UE dans le droit national.
Ce règlement, qui constitue un élément clé du Pacte européen sur les migrations et l’asile, vise à lutter contre la migration irrégulière et à prévenir la « migration secondaire » entre les pays de l’espace Schengen.
« L’immigration en Norvège doit être contrôlée, équitable et durable », a déclaré la ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Astri Aas-Hansen, dans un communiqué de presse. « L’identité de toute personne séjournant en Norvège doit être vérifiée. Cela garantit la sécurité tant des individus que de la société. »
En quoi consiste ce nouveau contrôle
Selon la proposition, la police effectuera des contrôles obligatoires aux frontières sur tout « ressortissant d’un pays tiers » (citoyens hors UE/EEE) n’ayant pas fait l’objet d’un contrôle frontalier complet à son arrivée dans l’espace Schengen.
Le processus de contrôle comprend la vérification de l’identité d’une personne et la réalisation d’une évaluation de sécurité, qui implique le recoupement des registres norvégiens avec les bases de données de l’UE, d’Interpol et d’Europol afin de signaler les risques potentiels.
Les autorités effectueront également des contrôles sanitaires et d’évaluation de la vulnérabilité afin de déterminer si une personne a besoin de soins de santé de base ou doit être isolée pour des raisons de santé publique.
Ces procédures pouvant prendre plusieurs jours (jusqu’à sept jours), les personnes concernées doivent rester à la disposition des autorités dans un lieu de contrôle désigné jusqu’à ce que le processus soit terminé.
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Le ministère de la Justice a fait remarquer que bon nombre de ces procédures existent déjà en Norvège, mais que la nouvelle loi « renforcera et rationalisera » le processus.
La ministre Aas-Hansen a ajouté que le renvoi des personnes sans titre de séjour légal en Norvège posait des défis majeurs, et que le gouvernement travailliste prenait des mesures pour garantir une expulsion plus rapide des personnes qui ne devraient pas se trouver dans le pays.
La proposition est désormais transmise au Parlement pour débat et adoption officielle.
Qu’est-ce que le pacte de l’UE sur l’asile et la migration ?
Le nouvel accord de l’UE sur l’asile et la migration est une réforme majeure visant à moderniser le système actuel.
Même si la Norvège n’est pas membre de l’UE, elle fait partie de l’espace Schengen et partage des frontières avec d’autres États membres.
Pour maintenir ces frontières ouvertes aux voyageurs, la Norvège doit respecter les mêmes règles en matière de sécurité et de migration que le reste de l’UE.
Le pacte repose sur quatre piliers.
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Le premier pilier met l’accent sur la sécurité des frontières extérieures grâce au contrôle obligatoire actuellement proposé en Norvège. Il utilise la base de données biométrique Eurodac pour identifier les arrivants et faciliter le retour des personnes non éligibles à la protection.
Le deuxième pilier garantit des procédures rapides et efficaces en harmonisant les règles d’asile et les normes d’accueil à travers l’Europe, clarifiant ainsi quel pays est responsable de chaque demande spécifique.
Le troisième pilier instaure un système de solidarité et de responsabilité, permettant aux États membres de soutenir d’autres pays par le biais d’une aide financière ou d’une relocalisation afin d’empêcher les « mouvements secondaires » entre les nations.
Enfin, le quatrième pilier intègre la migration dans des partenariats internationaux, en collaborant avec des pays tiers pour lutter contre le trafic illicite tout en promouvant les voies de migration légales grâce à des initiatives telles que le vivier de talents de l’UE.
Le gouvernement a précédemment soumis une proposition visant à mettre en œuvre plusieurs autres actes juridiques qui font partie du paquet réglementaire de l’UE en matière de migration et d’asile et qui s’appliqueront à la Norvège : le règlement Eurodac 2024, le règlement sur la gestion de l’asile et de la migration (AMMR) et le règlement sur les situations de crise et de force majeure.
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Passionnée par la culture nordique, par la nature, par l’écriture, voici que j’ai réunie mes passions dans ce site où je vous partage mes expériences et mes connaissances sur la Norvège spécialement. J’y ai vécu 2 ans entre 2015 et 2017, depuis les décors me manque, la culture me manque. Bonne lecture.
