La Norvège prévoit 11,8 milliards de dollars supplémentaires pour ses dépenses de défense jusqu’en 2035 et annule son programme de drones - 3

BELFAST — La Norvège a dévoilé un plan visant à consacrer 115 milliards de couronnes (11,8 milliards de dollars) supplémentaires à la défense au cours de la prochaine décennie, estimant que ces fonds supplémentaires sont nécessaires pour faire face à un environnement de sécurité mondial de plus en plus « instable ».

Dans un communiqué annonçant aujourd’hui cette augmentation prévue, Oslo a déclaré que ces nouveaux fonds s’ajouteront au Plan de défense à long terme 2025-2036 révisé, initialement approuvé en 2024. Cette injection de fonds permettrait au pays d’atteindre l’objectif de dépenses de 3,5 % du PIB fixé par l’OTAN d’ici 2035, bien que le Parlement national doive d’abord approuver la modification du financement et les propositions d’équipement associées.

Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a présenté des arguments lucides pour justifier cette augmentation de plusieurs milliards de dollars, déclarant dans un communiqué que les coûts des équipements de défense avaient augmenté et que la guerre en Ukraine « nous avait apporté de nouvelles perspectives ».

Il a ajouté : « Nous allouons donc une augmentation significative des ressources au plan à long terme, tout en évaluant soigneusement les priorités nécessaires pour renforcer rapidement les capacités de défense de la Norvège.»

Selon cette proposition, 31 milliards de couronnes seraient dépensés d’ici 2030, les 84 milliards restants étant investis entre 2030 et 2035. (Le budget de la défense de la Norvège pour 2026 s’élève à 180 milliards de couronnes.)

Ce nouveau financement devrait être directement affecté à des « munitions essentielles au combat », notamment l’acquisition de missiles guidés anti-radiations avancés à portée étendue (AARGM-ER), qui équiperont la flotte norvégienne de chasseurs d’attaque interarmées F-35, selon une version traduite en ligne du document. La Norvège prévoit de signer un accord d’ici la fin de l’année pour l’acquisition de ces missiles produits par Northrop Grumman, dont les livraisons sont attendues entre 2031 et 2032.

Par ailleurs, Oslo a souligné que ces fonds supplémentaires serviront à accélérer la mise en service progressive des nouveaux sous-marins de type 212CD produits par l’entreprise allemande ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) et l’acquisition des deux premières frégates de lutte anti-sous-marine (ASW) de type 26 construites par le chantier naval britannique BAE Systems.

La Norvège s’est engagée à acheter six de ces sous-marins pour un coût total de 9,69 milliards de dollars et prévoit d’acquérir au moins cinq de ces navires de surface, pour une valeur estimée à 10 milliards de livres sterling (13,5 milliards de dollars).

La proposition de plan de défense à long terme indique que « le prix des deux derniers sous-marins (Type 212CD), avec les armements associés et leur intégration, est plus élevé que celui des quatre premiers, ce qui reflète l’évolution générale des prix sur le marché de la défense et la hausse des coûts des matières premières ».

Il met également en garde contre un risque majeur lié au programme, ajoutant que « plusieurs nations alliées envisagent la classe de sous-marins norvégien-allemand et ont manifesté leur intérêt pour cette coopération, ce qui pourrait affecter le rythme des livraisons ».

Concernant l’acquisition des Type 26, le document révèle que « les frégates seront équipées d’hélicoptères maritimes dotés de capacités de lutte anti-sous-marine faisant partie intégrante du système de combat », mais ne précise pas quel type d’hélicoptère sera commandé.

Bien que Leonardo aurait proposé des hélicoptères AW101 dans le cadre d’un « ensemble » avec le Type 26, Oslo a décidé de ne pas passer de commande d’hélicoptères lorsqu’il a sélectionné le modèle de frégate.

Dans le domaine terrestre, la priorité est également donnée à l’accélération, de deux ans, du développement de la brigade Finnmark. En août 2025, les forces armées norvégiennes ont déclaré dans un message publié sur les réseaux sociaux que la brigade « sera renforcée et pleinement opérationnelle en 2032 ». Elle est principalement destinée à renforcer la présence de l’OTAN dans l’Arctique.

Par ailleurs, la nouvelle proposition de planification fait état de retards et d’annulations concernant d’autres programmes clés. « L’acquisition d’hélicoptères destinés à soutenir les forces spéciales et les forces terrestres des forces armées a été reportée », note-t-elle, tandis que l’acquisition de drones de surveillance maritime à longue portée a été supprimée.

« Une éventuelle collaboration avec le Royaume-Uni sur les drones à longue portée permettrait de préserver une partie des effets que l’acquisition nationale (annulée) était censée produire », ajoute le document, faisant probablement référence à l’appareil britannique MQ-9B SkyGuardian. « En outre, il est prévu de couvrir ces capacités par des solutions spatiales. »