Une nouvelle initiative européenne pour limiter l'utilisation des médias sociaux par les enfants - 3

Des conseils diététiques dangereux à la désinformation, en passant par la cyberintimidation et les discours haineux, la quantité de contenus en ligne préjudiciables aux enfants augmente chaque jour. Mais plusieurs pays européens souhaitent désormais limiter l’accès des mineurs aux médias sociaux.

L’Union européenne s’est déjà dotée de certaines des règles numériques les plus strictes au monde pour contrôler les grandes entreprises technologiques, avec de nombreuses enquêtes en cours sur la façon dont les plateformes protègent les enfants – ou pas.

Des voix s’élèvent aujourd’hui pour demander à l’UE d’aller plus loin, car de plus en plus d’éléments démontrent les effets négatifs des médias sociaux sur la santé mentale et physique des enfants.

Soutenue par la France et l’Espagne, la Grèce est à l’origine d’une proposition visant à limiter l’utilisation des plateformes en ligne par les enfants.

Ils présenteront ce plan vendredi à leurs homologues de l’UE à Luxembourg, « afin que l’Europe puisse prendre les mesures appropriées dès que possible », a déclaré Dimitris Papastergiou, ministre grec du numérique.

La proposition prévoit de fixer un âge de l’adulte numérique dans les 27 pays de l’UE, ce qui signifie que les enfants ne pourront pas accéder aux médias sociaux sans l’accord de leurs parents.

Depuis la publication de la proposition le mois dernier, d’autres pays ont exprimé leur soutien, notamment le Danemark, qui prendra la présidence tournante de l’UE en juillet, et Chypre.

Les fonctionnaires danois ont déclaré que la question serait une priorité au cours de leur présidence de six mois.

La France a ouvert la voie en matière de répression des plateformes, en adoptant en 2023 une loi les obligeant à obtenir le consentement des parents pour les utilisateurs de moins de 15 ans.

Mais cette mesure n’a pas reçu le feu vert de l’UE nécessaire à son entrée en vigueur.

La France a également introduit progressivement cette année l’obligation pour tous les sites web pour adultes de demander aux utilisateurs de confirmer leur âge afin d’empêcher les enfants d’accéder à des contenus pornographiques, ce qui a conduit trois grandes plateformes à fermer leurs portes cette semaine en signe de colère.

Toujours sous la pression du gouvernement français, TikTok a interdit dimanche l’utilisation de l’application #SkinnyTok dans le cadre d’une tendance visant à promouvoir la minceur extrême sur la plateforme.

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La Grèce affirme que son objectif est de protéger les enfants contre les risques d’une utilisation excessive de l’internet.

La proposition ne précise pas à quel âge devrait commencer l’âge adulte numérique, mais M. Papastergiou a déclaré que les plateformes devraient connaître l’âge réel des utilisateurs « afin de ne pas proposer de contenu inapproprié aux mineurs ».

La France, la Grèce et l’Espagne ont exprimé leur inquiétude quant à la conception algorithmique des plateformes numériques qui augmente l’exposition des enfants à des contenus addictifs et nocifs – avec le risque d’aggraver les problèmes d’anxiété, de dépression et d’estime de soi.

La proposition accuse également le temps excessif passé devant un écran à un jeune âge d’entraver le développement des compétences critiques et relationnelles des mineurs.

Ils demandent « une application à l’échelle de l’UE qui soutienne les mécanismes de contrôle parental, permette une vérification correcte de l’âge et limite l’utilisation de certaines applications par les mineurs ».

L’objectif serait que les appareils tels que les smartphones intègrent une vérification de l’âge.

La Commission européenne, l’organe de surveillance numérique de l’UE, souhaite lancer une application de vérification de l’âge le mois prochain, en insistant sur le fait qu’il est possible de le faire sans divulguer de données personnelles.

Le mois dernier, l’Union européenne a publié un projet de lignes directrices visant à protéger les mineurs sur les plateformes. Ce projet sera finalisé à l’issue d’une consultation publique qui s’achèvera ce mois-ci, et prévoit notamment que les comptes des enfants soient privés par défaut et qu’il soit plus facile de bloquer et de mettre en sourdine des utilisateurs.

Ces lignes directrices ne sont pas contraignantes, mais l’Union européenne prend d’autres mesures.

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Elle enquête actuellement sur Facebook et Instagram, ainsi que sur TikTok, en vertu de sa loi sur la modération des contenus, la Digital Services Act (DSA), craignant que les plateformes n’en fassent pas assez pour empêcher les enfants d’accéder à des contenus préjudiciables.

Dans l’enquête Meta, l’UE craint que les outils de vérification de l’âge de la plateforme ne soient pas efficaces.

La semaine dernière, elle a ouvert une enquête sur quatre plateformes pornographiques, soupçonnées de ne pas empêcher les enfants d’accéder à des contenus pour adultes.

Par ailleurs, l’Union européenne mène depuis longtemps des négociations sur une loi visant à lutter contre les contenus pédopornographiques, mais la proposition est entachée d’incertitude, certains pays craignant qu’elle ne permette aux autorités d’accéder à des communications cryptées.

La proposition de loi a opposé les partisans de la protection de la vie privée à ceux qui œuvrent pour la protection des enfants. Malgré des tentatives répétées, elle n’a pas réussi à obtenir l’approbation des États membres de l’UE.