La ville médiévale perdue de Hamarkaupangen redécouverte en Norvège après des années de recherche - 7

Après près d’une décennie de recherches et de spéculations, les archéologues de l’Institut norvégien de recherche sur le patrimoine culturel (NIKU) ont confirmé avoir retrouvé la ville médiévale disparue de Hamarkaupangen à Hamar, dans le sud de la Norvège. Cette découverte marque une avancée significative dans l’archéologie norvégienne et offre de nouvelles perspectives sur l’un des établissements urbains intérieurs du pays datant du Moyen Âge.

La dernière ville médiévale de Norvège est enfin localisée par géoradar et confirmée par des fouilles. Crédit : Photo : JAni Causevic, NIKU. Image GPR : Monica Kristiansen, NIKU.

Le projet a véritablement débuté en 2023, lorsque les chercheurs sont retournés sur le terrain de Kringkastingsjordet, près de la cathédrale médiévale de Domkirkeodden, un site dont on pensait depuis longtemps qu’il pouvait contenir la ville perdue. Les études précédentes n’avaient pas révélé grand-chose, mais une nouvelle approche utilisant un radar à pénétration de sol (GPR) de pointe de Guideline Geo – comme l’équipement utilisé pour trouver le navire viking Gjellestad en 2018 – a révélé des indications prometteuses.

Les données du GPR ont montré un plan urbain complexe sous terre, avec des groupes de bâtiments, des passages et des alignements de rues. Ces caractéristiques correspondent aux récits historiques de la Chronique de Hamar (XVIe siècle), qui décrit un établissement à l’est de la résidence épiscopale et de la cathédrale de la ville. Les experts ne sont pas certains de la date de fondation de Hamarkaupangen, mais la plupart des preuves indiquent qu’elle a été établie au milieu du XIe siècle, pendant la période de christianisation de la Norvège.

Pour vérifier les résultats du radar, les archéologues du NIKU ont entamé une petite fouille à la fin du mois de juin 2025. Le site, enfoui sous une couche d’un mètre d’épaisseur de pierres de cuisson, a révélé des rondins de bois pour les murs et des planches de bois correspondant à l’imagerie radar. Ces vestiges faisaient partie d’une structure de deux pièces construite en plusieurs étapes. Selon les chercheurs du NIKU, bien que cette fouille ne permette de découvrir qu’une petite partie d’un bâtiment, il s’agit d’un élément essentiel du paysage urbain plus large illustré par les images radar à pénétration de sol.

La ville médiévale perdue de Hamarkaupangen redécouverte en Norvège après des années de recherche
Hamarkaupengen est de nouveau sur la carte. Crédit : Monica Kristiansen, NIKU.

L’archéologue Monica Kristiansen, qui a mené l’étude avec ses collègues Jani Causevic et Ole Fredrik Unhammer, explique : « Nous n’avions aucune idée de la façon dont ces couches remplies de pierres allaient affecter la visibilité des structures en bois dans les données GPR… Il est donc très encourageant de voir que les interprétations radar sont confirmées !

Il s’agit des premiers vestiges physiques découverts dans la zone urbaine de Hamarkaupangen – bâtiments, rues, allées et tracé. Jusqu’à présent, seuls des artefacts épars avaient été trouvés dans la couche arable, sans aucun indice sur l’emplacement de la ville.

La ville médiévale perdue de Hamarkaupangen redécouverte en Norvège après des années de recherche
Ces structures en bois se trouvaient exactement à l’endroit indiqué par le géoradar. Crédit : Håvard Hegdal, NIKU.

Les fouilles, limitées à quatre mètres carrés, ont permis de confirmer l’existence et la structure de Hamarkaupangen. Les chercheurs ont envoyé des échantillons de bois à l’université d’Uppsala pour une datation au radiocarbone. Les résultats sont attendus prochainement, ce qui permettra de situer les vestiges en bois dans une période historique plus précise.

Hamarkaupangen est particulièrement important parmi les huit villes médiévales norvégiennes documentées, car il s’agit du seul site situé à l’intérieur des terres. Sa découverte souligne la valeur des méthodes géophysiques et d’un travail de terrain persistant. Le NIKU a décrit cette découverte comme un « témoignage de la puissance des méthodes géophysiques, des investigations patientes et des questions persistantes posées sur le passé médiéval de la Norvège ».

Plus d’informations : NIKU