
Alors que les tensions mondiales s’intensifient, nombreux sont ceux qui, en Norvège, s’interrogent sur le degré de préparation du pays en cas de crise majeure ou de guerre. Un nouveau rapport soulève de sérieuses inquiétudes.
Malgré quatre années de guerre en Europe suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la crise sécuritaire la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale, la Norvège reste dangereusement vulnérable aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement.
Un nouveau rapport du Centre norvégien de recherche sur la défense (FFI), publié dans Aftenposten, avertit que la logistique « juste à temps » et la forte dépendance aux importations de la Norvège ont fragilisé le système du pays.
Si un conflit éclatait, il pourrait y avoir de graves pénuries de nourriture et de carburant.
L’étude, intitulée « L’approvisionnement en nourriture et en carburant en temps de crise et de guerre », examine comment les tensions géopolitiques croissantes et le changement climatique exercent une pression sur les systèmes d’approvisionnement mondiaux. Elle décrit également un scénario de guerre hypothétique qui montre les graves conséquences auxquelles la Norvège pourrait être confrontée en cas d’attaque.
Principales vulnérabilités
Le FFI a identifié quatre domaines critiques dans lesquels la Norvège n’est pas entièrement préparée.
L’approvisionnement alimentaire est l’un des plus grands défis du pays. La Norvège dépend fortement des importations de denrées alimentaires, de produits pétroliers raffinés et de main-d’œuvre étrangère. Les chercheurs ont averti que si le commerce international venait à s’arrêter, ces approvisionnements essentiels ne pourraient pas être remplacés rapidement.
La Norvège dépend également des importations de diesel, de gazole marin et de kérosène, car elle ne dispose que d’une seule raffinerie à Mongstad. En cas de guerre, la différence entre ce qui est disponible en temps de paix et ce qui est nécessaire pour les opérations militaires serait considérable.
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Cela signifie que la Norvège ne dispose pas d’une production nationale de carburant suffisante pour répondre à la fois aux besoins militaires et civils pendant une crise prolongée.
En outre, bien que la Norvège soit un leader mondial en matière d’énergie verte, le rapport souligne que « l’électrification rend le pays plus vulnérable ». Le réseau électrique et les infrastructures numériques étant interdépendants, une seule panne pourrait paralyser le pays.
Les infrastructures de transport constituent une autre faiblesse majeure, principalement parce que la Norvège dispose d’« axes de transport » ou de routes principales limités et fragiles.
Dans de nombreuses régions, il n’existe pas d’itinéraires alternatifs. Si une route principale ou un pont est bloqué, des régions entières peuvent être coupées du reste du pays.
Ce problème est particulièrement grave dans le nord de la Norvège, où les quelques routes disponibles doivent gérer simultanément les déplacements civils et militaires. Cette concurrence pour un espace routier limité peut créer un goulot d’étranglement important et exposer les lignes d’approvisionnement, selon le rapport.
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Le scénario du FFI dépeint un tableau sombre : « À mesure que la situation s’aggrave, la consommation militaire de carburant et les besoins en capacité de transport augmentent fortement, tandis que la société civile est confrontée à des besoins accrus en matière de transport, d’alimentation électrique de secours et d’infrastructures critiques.
« La thésaurisation et les chocs régionaux de la demande entraînent des pénuries aiguës de nourriture et de carburant dans les magasins et les stations-service. »
L’étude note également que l’économie norvégienne utilise un modèle logistique « juste à temps », ce qui signifie que la production est basée sur les besoins immédiats plutôt que sur le stockage à long terme. Il en résulte que les entrepôts disposent de peu de stocks de produits essentiels.
La centralisation accrue a également rendu la société plus vulnérable, car les denrées alimentaires et le carburant sont stockés dans un nombre réduit de centres plus importants. Bien que cela soit efficace, cela fait de la Norvège une « cible facile », car la perturbation de quelques sites clés pourrait interrompre l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.
Solutions possibles
Le FFI a recommandé plusieurs mesures d’urgence pour combler ces lacunes.
Les principales priorités sont la constitution de stocks d’urgence et le renforcement des systèmes d’alimentation électrique et de transport, ainsi que des infrastructures.
Parmi les autres mesures clés figurent la mise en place de mécanismes de hiérarchisation clairs et une coopération commerciale plus étroite avec les partenaires européens.
Cependant, de grands défis subsistent en matière de dépendance énergétique et d’importation, ainsi que d’équilibre entre les besoins civils et militaires.
Que devez-vous faire ?
Pour les personnes vivant en Norvège, la DSB (Direction de la protection civile) fournit des directives sur ce que les résidents doivent conserver chez eux en cas d’urgence.
Les ménages doivent désormais être autosuffisants pendant au moins une semaine, avec leurs propres réserves de nourriture, d’eau et de médicaments.
Découvrez ce que vous devez garder chez vous : les provisions d’urgence que le gouvernement norvégien vous recommande de stocker
Êtes-vous prêt à faire face à une crise en Norvège ? Partagez votre avis dans les commentaires.
Passionnée par la culture nordique, par la nature, par l’écriture, voici que j’ai réunie mes passions dans ce site où je vous partage mes expériences et mes connaissances sur la Norvège spécialement. J’y ai vécu 2 ans entre 2015 et 2017, depuis les décors me manque, la culture me manque. Bonne lecture.
