Un randonneur découvre en Norvège, lors d'une promenade matinale, une rare garniture d'épée en or vieille de 1 500 ans - 7

Une promenade matinale de routine dans le sud-ouest de la Norvège a conduit à la découverte d’un artefact en or rare lié à un guerrier d’élite qui a vécu il y a environ 1 500 ans. L’objet a été trouvé dans le quartier d’Austrått à Sandnes, près de la colline de Riaren, une zone déjà connue pour ses importantes découvertes archéologiques.

Un randonneur a découvert cette garniture de fourreau d’épée en or richement décorée, vieille de 1 500 ans, dans le sud-ouest de la Norvège. Crédit : Annette Græsli Øvrelid, Musée archéologique, Université de Stavanger

La découverte a eu lieu lorsqu’un habitant de la région a remarqué un vieil arbre tombé des années plus tôt lors d’une tempête. Intrigué par une zone de terre surélevée sous les racines, il a fouillé le sol avec un bâton et a aperçu quelque chose qui brillait dans la terre. Ce qui ressemblait au premier abord à un petit objet scintillant s’est avéré être une garniture en or très inhabituelle provenant d’un fourreau d’épée.

Les archéologues ont par la suite identifié l’artefact comme un ornement de fourreau en or datant du VIe siècle, issu de la période des grandes migrations en Norvège. L’objet mesure environ 6 centimètres de long, pèse 33 grammes et est orné d’un filigrane détaillé réalisé à partir de fils d’or à triple perle. Sa surface comporte également des motifs animaliers serpentins, un style couramment observé dans l’art scandinave du début du VIe siècle.

Selon les chercheurs, cet ornement ornait autrefois le fourreau d’une épée de cérémonie portée par un guerrier de haut rang ou un dirigeant local. Cet artefact est particulièrement rare. Seuls 17 exemples similaires ont été répertoriés jusqu’à présent en Europe du Nord, et il s’agit du premier objet de ce type découvert dans le comté de Rogaland.

Une rare ferrure d'épée en or vieille de 1 500 ans découverte par un randonneur en Norvège lors d'une promenade matinale
Hege Hollund, chercheuse et conservatrice au Musée archéologique de l’Université de Stavanger, nettoie la pièce en or. Crédit : Anniken Celine Berger, Musée archéologique de l’Université de Stavanger

Contrairement à de nombreux ornements similaires, qui ne présentent que peu de traces d’utilisation, cette pièce porte des signes visibles d’usure. Les archéologues estiment que cela suggère que l’épée n’était pas destinée uniquement à la décoration ou à des fins rituelles. Au contraire, son propriétaire l’utilisait probablement régulièrement, peut-être à la fois comme arme et comme symbole visible d’autorité.

La personne à qui appartenait cette épée faisait probablement partie de l’élite dirigeante établie à Hove, une ville voisine qui constituait un important centre politique et économique pendant la période des grandes migrations. Des fouilles menées dans la région ont déjà mis au jour un vaste complexe agricole et de nombreux objets en or, indiquant la présence de familles riches et puissantes.

Le sud de la Norvège a connu de graves difficultés au cours du VIe siècle. Des éruptions volcaniques ont entraîné des années de conditions climatiques plus froides, qui ont probablement endommagé les récoltes et contribué à la famine. À peu près à la même époque, des épidémies de peste ont également touché certaines régions d’Europe. Les archéologues pensent que ces crises concomitantes ont pu façonner les pratiques rituelles dans la région.

Une rare ferrure d'épée en or vieille de 1 500 ans découverte par un randonneur en Norvège lors d'une promenade matinale
Cet objet en or date du VIe siècle, période correspondant à la Grande Migration en Norvège. Richement décoré, il ornait autrefois un fourreau fixé à une ceinture, auquel l’épée aurait été suspendue. Crédit : Annette Græsli Øvrelid, Musée archéologique, Université de Stavanger

L’embout en or récemment découvert a été trouvé délibérément placé dans une crevasse rocheuse plutôt que perdu par accident. Les chercheurs pensent que l’objet a été déposé intentionnellement en guise d’offrande aux dieux. Des armes et des ornements de grande valeur étaient parfois « sacrifiés » de cette manière, soit enterrés, soit cachés, afin de solliciter la protection divine en période d’instabilité.

La région autour de Riaren a déjà livré d’autres découvertes inhabituelles par le passé. Des découvertes antérieures dans les marais voisins comprenaient des colliers en argent décorés d’or et un chaudron romain en bronze d’une taille inhabituelle, fabriqué le long du Rhin vers 300 après J.-C. Ensemble, ces découvertes suggèrent que ce paysage revêtait une importance rituelle depuis des siècles.

Les archéologues ont également souligné la grande qualité artistique de cette nouvelle découverte. À première vue, la décoration semble composée de lignes courbes et fluides, mais un examen plus attentif a révélé des formes animales stylisées se faisant face. Certains experts suggèrent que ces représentations pourraient même combiner des traits humains et animaux, un thème visuel souvent présent dans l’art scandinave de la période des grandes migrations.

L’ornement en or est actuellement étudié par des spécialistes du Musée archéologique de l’Université de Stavanger. Une fois l’examen terminé, l’objet sera exposé au public.

Cette découverte vient s’ajouter aux preuves archéologiques de plus en plus nombreuses attestant de l’existence d’un centre de pouvoir régional à Hove entre environ 200 et 550 après J.-C. Ce qui n’était au départ qu’une simple promenade a permis aux chercheurs de mettre la main sur un objet rare lié à l’élite dirigeante, aux pratiques rituelles et à la vie sociale durant l’une des périodes historiques les plus difficiles de la Scandinavie.

Pour plus d’informations : Musée d’archéologie, Université de Stavanger