Conflit gouvernemental sur la plateforme des Nations Unies sur les migrations - 3

Conflit gouvernemental sur la plateforme des Nations Unies sur les migrations

Le Parti du progrès (Frp) est laissé seul avec son non à la plate-forme migratoire de l’ONU (AKA l’accord de Marrakech). L’opposition reproche au gouvernement de faire perdre du temps au Parlement sur des désaccords internes.

C’est le Parti du progrès qui a suscité les critiques les plus virulentes lorsque la ministre des Affaires étrangères, Ine Eriksen Søreide (Conservatrices), est venue au Parlement pour informer jeudi de la plate-forme de l’ONU. Le parti a exprimé sa dissidence et fait la promotion d’une proposition au Parlement norvégien de rejeter la déclaration.

– Cet accord vise à lutter contre l’immigration clandestine en la légalisant. Le Parti du progrès s’y oppose fermement, déclare le porte-parole de l’immigration, Jon Engen-Helgheim.

Superbe Balade en traineau avec un guide Sami

Bien que la plate-forme ne soit pas juridiquement contraignante, le Parti du progrès craint qu’elle ne soit utilisée pour changer la politique norvégienne et, entre autres, pour conduire à des règles plus libérales pour l’immigration familiale. Engen-Helgheim et plusieurs de ses camarades du parti attirent également l’attention sur le fait que les plateformes entendent « éduquer » les journalistes.

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Embarras

L’opposition « Rouge-Verte » se demande pourquoi l’affaire a été portée devant le parlement maintenant, six mois après la négociation de la plate-forme et plusieurs jours après que la Norvège y ait adhéré à Marrakech. Il est de la responsabilité du gouvernement de poursuivre la politique étrangère, tant qu’elle n’implique pas l’abandon du pouvoir.

Le député du Parti travailliste, Martin Kolberg, estime que le ministre des Affaires étrangères est mis dans une situation embarrassante par le débat de jeudi.

– Pourquoi le Premier ministre n’arrête-t-il pas cela ? demande-t-il et accuse en même temps le Parti du progrès de représenter un « nationalisme réactionnaire ». Le leader socialiste, Audun Lysbakken, pense que cela signifie que le Parti du progrès a dormi pendant les cours et ne comprend pas à quel point cela déclenche une colère massive parmi les leurs.

– Nous avons un gouvernement qui est souligné par le Service des droits de l’homme, Hege Storhaug et divers théoriciens du complot d’extrême droite. C’est incroyable que le gouvernement s’immisce dans l’agenda du Parlement juste parce que le Parti du progrès répare sa relation avec ces environnements, commente Lysbakken.

Marit Arnstad (Parti du centre) souligne que le gouvernement n’a pas expliqué la question auparavant, ni lorsqu’il a lancé le processus à l’ONU en 2016, ni avant la finalisation de la plate-forme.

Pas étonnant

Eriksen Søreide semble tout prendre dans sa foulée.

– Que le Parti du progrès ne soit pas d’accord n’est pas surprenant. Leur position est connue depuis toujours, dit-elle à NTB. Elle souligne qu’il y avait des désaccords sur la politique étrangère même au sein du gouvernement « Rouge-Vert ».

Elle précise qu’elle a à peine reçu des questions du Parlement à ce sujet, que ce soit par écrit ou oralement. Elle pense en outre que le gouvernement a contribué au débat public sur la question. À l’exception du Parti du progrès, il y a un large accord sur la plate-forme.

Le ministre des Affaires étrangères estime qu’il est dans l’intérêt de la Norvège de contribuer à la coopération internationale dans ce domaine.

– Une migration ordonnée, sûre et régulière est quelque chose que nous devrions tous avoir comme objectif commun. Que les gens cherchent à d’autres domaines sera toujours le cas. Nous avons vu que la migration vers l’Europe prend la forme du trafic et de la traite des êtres humains ainsi que des violations des droits de l’homme. Il y en a aussi beaucoup qui n’ont pas besoin de protection, déclare Eriksen Søreide à NTB.

Aucun droit humain de migrer

Dans le même temps, elle souligne que la plate-forme n’est pas contraignante et que la Norvège n’est pas obligée de changer sa politique d’immigration. Elle énumère ce qui a concerné la Norvège lors des négociations. Entre autres choses, il a été important de rappeler aux gens que les pays ont le devoir d’accepter leurs propres citoyens si et quand ils sont renvoyés. La Norvège estime également que :

  • Le document n’en fait pas un droit humain de migrer.
  • Il peut être nécessaire d’interner des citoyens étrangers, y compris des mineurs, en dernier recours.
  • La plate-forme de migration n’incitera pas la Norvège à modifier les règles concernant l’exportation des prestations sociales.

Eriksen Søreide admet que la Norvège n’a pas été en mesure de modifier la formulation concernant les médias dans la plate-forme, mais souligne que la liberté d’expression et les droits des médias ne changeront pas.

© NTB scanpix / #La Norvège aujourd’hui