Tout ce qu'il faut savoir sur la taxe de séjour prévue par la Norvège - 3

La Norvège envisage d’instaurer une taxe de séjour afin d’atténuer l’impact du tourisme de masse sur les communautés locales. Nous avons répondu à un certain nombre de questions clés sur cette proposition.

L’idée d’une taxe de séjour est un sujet brûlant en Norvège depuis des années, en raison de la croissance rapide de l’industrie touristique du pays.

Des attractions uniques comme les aurores boréales, le soleil de minuit, l’héritage de l’ère viking et les fjords protégés par l’UNESCO attirent chaque année des millions de visiteurs.

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Les communautés locales sont donc confrontées à la pression exercée sur les infrastructures et les ressources naturelles.

Les municipalités des régions à forte fréquentation, telles que Bergen (Norvège occidentale), Tromsø et Lofoten (Norvège septentrionale), s’inquiètent depuis longtemps de devoir supporter le fardeau financier du tourisme alors qu’elles n’en retirent que des avantages directs limités.

Ces frustrations ont alimenté le débat public sur l’équilibre entre les avantages économiques du tourisme et ses coûts sociaux et environnementaux.

La dernière proposition de taxe de séjour du gouvernement norvégien cherche à trouver un équilibre entre les deux.

Si vous êtes curieux de savoir comment la taxe est censée fonctionner ou comment (et quand) elle pourrait vous concerner, voici ce qu’il faut savoir.

Les dernières mises à jour de la proposition

Selon le projet de taxe de séjour remanié, annoncé fin mai, trois changements clés ont été proposés : les touristes de croisière devraient être taxés à l’échelle nationale, la taxe de séjour générale ne s’appliquera dans un premier temps qu’au nord de la Norvège, et le système sera appliqué pendant deux ans avant d’être évalué en vue d’une éventuelle mise en œuvre à l’échelle nationale.

Quand la taxe de séjour sera-t-elle introduite ?

Le gouvernement norvégien espère mettre en place la taxe d’ici l’été 2025.

Toutefois, en mai, le parti travailliste au pouvoir avait du mal à rallier le soutien du Parlement à cette proposition.

Combien les touristes devront-ils payer ?

La taxe proposée permet aux municipalités de prélever jusqu’à 3 % des frais d’hébergement.

Cette taxe s’appliquerait aux hôtels, aux locations Airbnb et, conformément aux derniers changements apportés à la proposition, même aux croisiéristes et aux touristes en camping-car.

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Où ira l’argent ?

Les recettes de la taxe doivent être utilisées pour des biens publics liés au tourisme, tels que l’entretien des infrastructures locales comme les routes et les chemins de randonnée, le financement des toilettes publiques et des services de gestion des déchets, ou le soutien des efforts de conservation de l’environnement.

La ministre norvégienne du commerce et de l’industrie, Cecilie Myrseth, a déclaré au bureau de presse norvégien NTB que l’argent ne pouvait pas être utilisé pour des dépenses municipales générales telles que le remboursement de dettes.

L’argent sera mis à la disposition des autorités locales et ne pourra pas être dépensé par l’État.

Pourquoi la Norvège introduit-elle une taxe de séjour ?

L’essor de l’industrie touristique norvégienne a exercé une pression sur les ressources locales.

Des routes surchargées des îles Lofoten aux aéroports engorgés de Tromsø, le gouvernement espère que la taxe apaisera les tensions entre les habitants et les visiteurs tout en améliorant les services pour les uns comme pour les autres.

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Quels sont les endroits qui veulent la taxe ?

Plusieurs destinations touristiques populaires sont désireuses d’introduire la taxe.

Bergen : Le conseil municipal de Bergen a exprimé son soutien à cette idée. Même avant l’annonce de la proposition officielle du gouvernement, les autorités de Bergen étaient ouvertes à une redevance de 40 à 50 couronnes par visiteur pour entretenir les infrastructures bénéficiant à la fois aux touristes et aux habitants.

Tromsø : Connue pour le tourisme des aurores boréales, la municipalité a soutenu l’idée d’une taxe, mais s’est heurtée au refus des hôtels locaux.

Kragerø : Avec une population qui quintuple en été, les responsables de cette ville du sud accueillent favorablement l’idée de répondre à la pression exercée sur les ressources locales.

Ålesund : Haut lieu du tourisme de croisière, la ville d’Ålesund envisage d’instaurer une taxe par passager pour les croisiéristes et de prendre d’autres mesures pour gérer la surpopulation.

Lofoten : Bien que la taxe bénéficie d’un soutien local, des inquiétudes subsistent quant à son application limitée à certains touristes, tels que ceux qui se déplacent en camping-car. La mise à jour de la proposition de taxe faite par le gouvernement en mai a répondu à cette préoccupation.

Svalbard : Le Svalbard étudie la possibilité d’instaurer une taxe obligatoire distincte pour les nuitées et les croisiéristes afin de financer les infrastructures de Longyearbyen.

Pour plus de détails sur les réactions locales à la proposition de taxe de séjour, voir cette plongée sur le sujet.

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Quelles sont les préoccupations ?

La proposition a fait l’objet de quelques critiques (bien qu’elle semble globalement bien accueillie).

L’Association norvégienne de l’hôtellerie (NHO Reiseliv) a fait valoir que la taxe pourrait décourager le tourisme national, en soulignant que les Norvégiens représentent les deux tiers des nuitées. Elle craint également que les municipalités n’utilisent les fonds à mauvais escient.

En outre, certaines régions, comme Preikestolen, ont critiqué le fait que la taxe soit axée sur l’hébergement, car de nombreux touristes de ces régions ne passent pas la nuit sur place, ce qui n’empêche pas les ressources locales d’être sollicitées. Ce point a également été abordé dans la proposition révisée de mai.

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Qu’est-ce que cela signifie pour les touristes ?

Pour la plupart des visiteurs, la taxe ajoutera un coût modeste à leur séjour tout en contribuant directement à la préservation des paysages norvégiens et à l’amélioration de l’expérience locale.

Ces changements pourraient avoir un impact sur le coût final pour les futurs voyageurs qui prévoient de visiter la Norvège, d’où l’importance de se tenir informé de l’évolution de cette politique.

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