
Les drones survolant les aéroports, les sites commerciaux et d’autres infrastructures sensibles en Europe sont un phénomène croissant que les dirigeants de l’UE imputent à la Russie, et la prévention des perturbations qu’ils causent s’avérera un défi technique difficile à relever, selon les observateurs.
Détecter les drones, les rendre inopérants en les brouillant, voire les abattre, sont autant de tâches complexes et périlleuses. Et si l’implication de la Russie est soupçonnée, elle est difficile à prouver.
On craint de plus en plus que ces perturbations ne fassent partie des tactiques de guerre hybride de la Russie, trois ans et demi après son invasion de l’Ukraine, alors que la plupart des pays européens redoublent d’efforts pour soutenir Kiev, notamment en lui livrant du matériel militaire.
Début octobre, des drones repérés au-dessus de la ville allemande de Munich ont entraîné la fermeture à deux reprises de l’aéroport de la ville, le chancelier Friedrich Merz déclarant que « nous soupçonnons la Russie d’être à l’origine de la plupart de ces vols de drones ».
Des incidents similaires se sont produits autour des aéroports d’Oslo, la capitale norvégienne, de Copenhague et d’autres villes danoises.
En France, plusieurs drones ont été repérés au-dessus de la base militaire de Mourmelon-le-Grand, dans le nord-est du pays, en début de semaine, a indiqué l’armée française à l’AFP.
Les drones étaient de petite taille et n’étaient pas pilotés par des militaires français, a indiqué la direction régionale de l’armée, qualifiant l’incident d' »exceptionnel ».
Essayer de nous humilier
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a déclaré que ces incidents constituaient une « campagne cohérente et croissante ».
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« Deux incidents sont une coïncidence, mais trois, cinq, dix – il s’agit d’une campagne délibérée et ciblée de la zone grise contre l’Europe, et l’Europe doit réagir », a-t-elle déclaré aux législateurs de l’UE mercredi.
Les forces françaises ont arraisonné au début du mois un pétrolier au large de l’ouest de la France qui a été lié aux mystérieux vols de drones.
Le capitaine et le second ont été arrêtés, puis relâchés, et le navire a pu se diriger vers le canal de Suez.
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« À ce stade, c’est juste pour nous ennuyer, cela fait partie des manifestations d’hostilité des Russes. Ils essaient de nous humilier », a déclaré une source de sécurité française, sous couvert de l’anonymat.
La source a souligné qu’il était difficile de prouver l’implication de Moscou.
La France a constaté ces dernières semaines une augmentation des survols par des drones d’installations militaires, de sites industriels et d’autres lieux sensibles, mais les autorités ne savent pas exactement qui les contrôle.
Dans certains cas, il pourrait y avoir d’autres explications.
A Mourmelon, vaste site militaire, « on peut très bien avoir un père de famille qui achète un drone chinois qui n’intègre pas la ‘no-fly zone’ dans son système, qui ne lit pas les instructions et qui part en week-end dans la forêt voisine et se retrouve au milieu d’une zone interdite », explique Thierry Berthier, directeur scientifique de la fédération professionnelle européenne des drones de sécurité, Drones4Sec.
Pas loin de la confrontation
Quelle que soit leur origine, il ne sera pas facile de contrer les drones.
De nombreux sites doivent être protégés, non seulement les aéroports civils, mais aussi les sites militaires, les industries sensibles telles que celles impliquées dans le soutien européen à l’Ukraine, et les centrales électriques.
Le brouillage est une mesure efficace mais potentiellement dangereuse dans les zones peuplées. « Vous risquez de brouiller beaucoup de choses », a averti M. Berthier.
Un drone peut être abattu ou intercepté par un autre drone, mais cela est risqué. Fin septembre, les autorités danoises ont décidé de ne pas les abattre pour la sécurité des civils.
Il existe également des contraintes juridiques.
En France, « seule une agence gouvernementale peut neutraliser un drone », a déclaré la source de sécurité, ce qui signifie qu’une entreprise privée ne serait pas autorisée à mettre un drone hors service en le brouillant.
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En Allemagne, le gouvernement doit lever un flou juridique pour permettre à la police d’abattre des drones menaçants.
Lorenzo, un marin français en exercice en Méditerranée qui n’a pas donné son nom de famille conformément à la coutume militaire française, a déclaré à l’AFP qu’il était « très difficile » d’abattre un drone.
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Il a dit cela alors qu’il se tenait derrière sa mitrailleuse de calibre 12,7 qui a une portée de 900 mètres (2 950 pieds) et tire 500 coups par minute.
Alors que la plupart des pays européens soutiennent fermement l’Ukraine, les dirigeants, dont le président français Emmanuel Macron, ont constamment souligné qu’ils n’étaient pas une partie « belligérante » dans le conflit.
« Nous ne sommes plus tout à fait en temps de paix parce que nous sommes à la fois en temps de paix et pas loin de la confrontation », a déclaré mercredi l’amiral Nicolas Vaujour, chef d’état-major de la marine française, en se plaignant des obstacles qui empêchent le déploiement des ressources de défense.
« A un moment donné, (il faut se poser la question), est-ce qu’on défend ou est-ce qu’on ne défend pas ?
Passionnée par la culture nordique, par la nature, par l’écriture, voici que j’ai réunie mes passions dans ce site où je vous partage mes expériences et mes connaissances sur la Norvège spécialement. J’y ai vécu 2 ans entre 2015 et 2017, depuis les décors me manque, la culture me manque. Bonne lecture.
