
La Norvège dit toujours « non » à l’UE, mais le soutien à l’adhésion augmente rapidement. Les électeurs plus âgés et les habitants d’Oslo sont à l’origine de ce changement.
Pour la première fois en trois ans, l’opposition à l’adhésion de la Norvège à l’Union européenne est tombée en dessous de 50 %.
Un sondage réalisé en février 2026 par Opinion pour Altinget et ABC News indique un changement dans l’opinion publique, influencé par l’instabilité mondiale et un fossé générationnel marqué.
L’enquête a été menée du 26 au 31 janvier, après une période de tensions géopolitiques majeures, notamment le débat sur l’intérêt manifesté par les États-Unis pour le Groenland.
Alors que la Norvège a voté « non » lors de deux référendums précédents (1972 et 1994), le climat actuel semble atténuer ce scepticisme de longue date.
« Une augmentation de 5 points de pourcentage en six mois est significative, et je pense que nous devons prendre cela au sérieux », déclare Trine Lise Sundnes, députée du Parti travailliste et leader du Mouvement européen.
LIRE AUSSI : Pourquoi la Norvège n’est pas membre de l’Union européenne
Les derniers chiffres montrent une nette augmentation du soutien à l’adhésion à l’UE par rapport au sondage d’août 2025.
Aujourd’hui, 48 % des personnes interrogées voteraient « non », soit une baisse de 7 points depuis août, tandis que le « oui » a progressé de 5 points pour atteindre 38 %. De nombreux électeurs sont encore indécis, le groupe des « ne savent pas » ayant augmenté de 2 points pour atteindre 14 %.
Le sondage a été réalisé auprès de 1 000 personnes âgées de 18 ans ou plus.
Données démographiques
Étonnamment, ce sont les personnes âgées qui sont aujourd’hui les plus favorables à l’adhésion à l’UE, tandis que les jeunes sont plus sceptiques.
L’enquête a révélé que les électeurs de plus de 40 ans sont les plus favorables, en particulier ceux de plus de 60 ans. Dans ce groupe, 43 % voteraient « oui », soit presque autant que les 46 % qui voteraient « non ».
À l’inverse, les moins de 30 ans sont les plus réticents, avec 55 % qui voteraient « non » et seulement 30 % en faveur. Les jeunes hommes, qui soutenaient auparavant l’UE dans les enquêtes précédentes, sont désormais parmi les plus sceptiques.
Le lieu de résidence a également son importance : à Oslo, 52 % voteraient pour l’adhésion, tandis que seulement 32 % s’y opposeraient.
Publicité
Pourquoi ce changement ?
Selon les analystes, le « chaos mondial » est la principale raison de ce changement. Le rapport cite le « conflit Trump », les menaces tarifaires et les récentes tensions autour du Groenland comme facteurs clés.
« Lorsque le monde change, l’UE change. L’UE a gagné en importance en matière de politique de sécurité, et la question de l’UE devient également une question de politique de sécurité, que cela vous plaise ou non. Cela concerne tout, du commerce et de l’industrie de la défense à la sécurité économique et à la préparation. Je pense que les gens en ont pris conscience », déclare M. Sundnes.
Cependant, l’opposition reste sceptique. Reidar Roll, leader de Youth Against the EU (Jeunesse contre l’UE), affirme que l’adhésion ne résoudra pas les problèmes mondiaux : «Ce n’est pas comme si, en devenant membre de l’UE, Poutine se retirait d’Ukraine ou Trump cessait d’être Trump. Chaque fois qu’il y a des tensions géopolitiques internationales, la réponse est toujours que nous devons rejoindre l’UE. Mais chaque fois, nous avons survécu. Tout s’est parfaitement bien passé. C’est passé. »
Sundnes souhaite que davantage de jeunes participent à la discussion, mais Roll affirme que le débat se déroule selon leurs conditions. Il souligne que les jeunes obtiennent désormais beaucoup d’informations via TikTok et Instagram, que les générations plus âgées n’ont pas connus et ne comprennent pas entièrement.
Publicité
Malgré ce changement, le programme actuel du Parti travailliste ne préconise pas un nouveau débat sur l’UE au cours de cette législature. Comme le mentionne le rapport Altinget, le parti souligne son soutien à une coopération politique forte en Europe.
« Lors des deux référendums précédents, nous avons donc recommandé de dire oui à l’adhésion de la Norvège. Dans le même temps, il y a place pour des opinions différentes sur la question de l’UE. Si la question de l’adhésion venait à se poser, elle devrait faire l’objet d’une nouvelle convention nationale », indique le programme du parti.
Si le soutien à l’UE augmente, celui à l’accord EEE reste stable, selon un sondage réalisé par la Confédération norvégienne des employeurs (NHO) au début du mois de janvier. L’accord EEE est l’accord international le plus important pour la Norvège, car il permet au pays d’accéder au marché unique de l’UE, ce qui signifie que les biens, les services, l’argent et les personnes peuvent circuler librement à travers les frontières, sans que la Norvège n’adhère réellement à l’UE.
POUR EN SAVOIR PLUS : Pourquoi la Norvège souhaite-t-elle rejoindre l’union sanitaire de l’UE ?
Passionnée par la culture nordique, par la nature, par l’écriture, voici que j’ai réunie mes passions dans ce site où je vous partage mes expériences et mes connaissances sur la Norvège spécialement. J’y ai vécu 2 ans entre 2015 et 2017, depuis les décors me manque, la culture me manque. Bonne lecture.
