
Norvégien de naissance, de langue ou de comportement ? Des données récentes montrent comment l’identité nationale évolue et ce que les gens pensent de l’intégration en Norvège.
En tant que résident étranger en Norvège, vous vous êtes peut-être demandé quand ou si vous serez vraiment considéré comme un local.
Est-ce lorsque vous obtenez votre passeport norvégien après avoir été naturalisé ? Ou est-ce après avoir vécu une grande partie de votre vie ici ? Ou peut-être est-ce lorsque vous maîtrisez la langue et comprenez les dialectes locaux ? Ou cela vient-il du fait de partager des valeurs et/ou simplement d’avoir le sentiment d’appartenir à la Norvège ?
Ena Pinjo, responsable de l’analyse à l’IMDi (Direction de l’intégration et de la diversité), explique dans un nouvel article publié sur Forskersonen.no qu’il n’y a pas de réponse simple et que cela est loin d’être absolu.
« La signification de l’identité norvégienne évolue constamment », dit-elle. « Si les critères d’appartenance restent élevés, les gens se concentrent désormais davantage sur la manière dont vous participez à la société et sur votre comportement que sur vos origines familiales.
« On s’attend souvent à ce que la réponse à la question de savoir ce que signifie être norvégien et ce qu’il faut pour être considéré comme intégré soit quelque chose de fixe et d’absolu. En réalité, c’est tout le contraire », écrit Ena Pinjo.
« La « norvégianité » et l’« intégration » sont des concepts qui se façonnent, se négocient et évoluent au fil du temps, au rythme des changements sociétaux », ajoute-t-elle.
La définition « civique » de la norvégianité
Le dernier baromètre de l’intégration, la plus grande enquête norvégienne sur l’immigration et la diversité, montre que la plupart des gens s’accordent sur ce qui fait qu’une personne est norvégienne aujourd’hui.
Pour la majorité, vos actions en tant que citoyen importent plus que votre lieu de naissance. Les deux critères principaux sont le respect des lois et des institutions politiques norvégiennes, et la capacité à parler norvégien.
Cependant, les opinions restent partagées quant à l’importance de l’ascendance et à la nécessité d’être né en Norvège ou d’y avoir vécu longtemps pour être considéré comme norvégien.
Bien qu’ils soient minoritaires, environ un tiers (30 %) des répondants pensent encore qu’il faut être né en Norvège ou avoir des racines norvégiennes pour être « véritablement » norvégien. Cela montre qu’une vision « ethnique » de l’identité existe toujours, à laquelle de nombreux immigrants sont confrontés même après plusieurs années passées dans le pays.
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Que faut-il pour être « intégré » ?
Cela soulève la question de savoir ce que signifie exactement être « bien intégré », car la cohésion sociale est désormais un élément essentiel pour être perçu comme norvégien.
Le Baromètre révèle que les opinions à ce sujet sont restées stables au fil du temps. Outre les compétences linguistiques, qui sont considérées comme essentielles, la participation à la vie active est un autre signe important d’intégration.
Il est remarquable que neuf Norvégiens sur dix estiment également qu’il est « très important » de partager les valeurs fondamentales de la société norvégienne.
Il est intéressant de noter qu’une étude de l’IMDi réalisée en 2025 a montré que le public considère que l’origine culturelle et la religion sont en réalité moins importantes que le fait d’avoir un emploi et de parler la langue. Cela est surprenant, car deux tiers des personnes interrogées estiment que les problèmes liés à l’immigration proviennent des différences culturelles.
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L’intégration fonctionne-t-elle ?
En 2026, le débat sur l’unité nationale reste polarisé, et les Norvégiens ne s’accordent pas sur l’efficacité de l’intégration.
Les chiffres les plus pertinents révèlent que trois personnes sur dix pensent que l’intégration se passe bien, tandis que quatre sur dix pensent le contraire. Les autres sont neutres ou incertains, ce qui montre que la société n’est pas parvenue à un accord clair sur son avenir.
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Les quatre principaux obstacles à l’appartenance
Les participants à l’enquête ont identifié quatre obstacles clés qui, selon eux, empêchent les étrangers de s’intégrer pleinement dans la société norvégienne.
La préoccupation la plus importante est la concentration géographique. Lorsque les immigrants se regroupent dans les mêmes quartiers, cela crée une fracture physique avec le reste de la population.
Outre le lieu de résidence, beaucoup pensent que les immigrants ne font pas suffisamment d’efforts pour s’intégrer à la vie norvégienne. Ce sentiment est aggravé par le manque de contacts sociaux, qui maintient une distance entre les immigrants et les Norvégiens.
De plus, la difficulté à trouver du travail reste un obstacle structurel majeur, classé quatrième parmi les raisons pour lesquelles les étrangers ont du mal à se sentir intégrés.
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Un avenir plus restrictif ?
Si M. Pinjo note que de nombreuses enquêtes montrent que l’intégration s’améliore à certains égards, l’atmosphère actuelle est tendue. Avec les débats sur les réfugiés et le durcissement des règles d’immigration, les experts pensent que les gens pourraient adopter des opinions plus restrictives dans le prochain Baromètre, qui sera publié au printemps 2026.
« Compte tenu du débat public actuel, il n’est donc pas déraisonnable de s’attendre à un glissement vers une position un peu plus restrictive », déclare M. Pinjo dans l’article.
Pour l’instant, la manière d’être accepté en Norvège reste la même : apprendre la langue et trouver un emploi. Ce sont les meilleurs moyens pour les expatriés d’être considérés comme de véritables membres de la communauté et de se sentir vraiment intégrés.
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La voie légale
Si l’acceptation sociale est un parcours personnel, l’obtention du statut légal et de la citoyenneté suit des règles claires.
Ces exigences dépendent de votre pays d’origine. Par exemple, les personnes originaires des pays nordiques ou ayant de la famille dans l’UE/EEE bénéficient souvent d’options plus souples.
Pour la plupart des résidents internationaux, l’obtention d’un passeport norvégien nécessite généralement de vivre en Norvège pendant 6 à 8 ans avec un permis valide, de passer les tests de langue et d’études sociales requis et d’avoir un casier judiciaire vierge.Consultez le site web de l’UDI pour plus d’informations.
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Passionnée par la culture nordique, par la nature, par l’écriture, voici que j’ai réunie mes passions dans ce site où je vous partage mes expériences et mes connaissances sur la Norvège spécialement. J’y ai vécu 2 ans entre 2015 et 2017, depuis les décors me manque, la culture me manque. Bonne lecture.
