
Pas avant les années 2040
La longueur du processus joue également en défaveur du nucléaire. Même si la Norvège décidait aujourd’hui de se lancer dans la construction d’une centrale nucléaire, le comité estime qu’une mise en service n’est pas envisageable avant le milieu des années 2040 au plus tôt. Il faut d’abord mettre en place la législation, les cadres réglementaires et les communautés professionnelles.
« En tout état de cause, la production d’énergie nucléaire n’arrivera pas à temps pour contribuer à la réalisation des objectifs de 2050 fixés par l’Accord de Paris, et nous devons développer d’autres sources d’ici là. Et nous avons d’autres alternatives. Celles-ci comprennent la modernisation des centrales hydroélectriques et le développement de l’énergie éolienne et solaire », conclut le comité.
La commission met également en garde contre le fait que la perspective d’un avenir nucléaire pourrait entraver le développement de ces alternatives.
« S’il existe une perspective que l’énergie nucléaire arrive en Norvège dans 20 ans, il deviendra moins rentable de construire d’autres types de centrales électriques. Avec l’énergie nucléaire, nous risquons donc d’avoir moins d’énergie et moins de transition au cours des prochaines décennies. »
100 000 ans
Une grande partie du débat norvégien s’est concentrée sur les petits réacteurs modulaires (SMR). Le comité se montre sceptique quant à leur capacité à constituer une solution immédiate : aucune usine n’a été construite, aucun modèle n’a été normalisé, et le coût des SMR reste très incertain.
Le comité souligne également que la gestion du combustible usé constitue un défi majeur. Le combustible usé émet des rayonnements nocifs pendant des milliers d’années, et il existe un consensus international selon lequel il doit être stocké à une profondeur d’environ 500 mètres dans une roche stable pendant 100 000 ans.
La Finlande est le seul pays au monde à avoir achevé la construction d’un tel site de stockage.
« Les accidents peuvent avoir des conséquences majeures et nécessitent des exigences de sécurité très strictes qui s’appliquent spécifiquement à l’énergie nucléaire (…) C’est un défi que de ne pas connaître la probabilité d’un accident et qu’il soit difficile d’évaluer les conséquences qu’un accident pourrait avoir. »
La connaissance – pas les centrales nucléaires
L’énergie nucléaire n’est toutefois pas entièrement négative. La commission souligne qu’il est possible de produire de grandes quantités d’énergie stable et sans émissions sur une petite superficie et sur une longue période. Le fait qu’elle ne dépende pas du soleil et du vent constitue également un avantage.
Le rapport indique clairement qu’il est important de développer l’expertise en matière d’énergie nucléaire.
Cela implique de renforcer les environnements universitaires, de participer plus activement à la coopération internationale, de se tenir au courant des évolutions technologiques et d’envisager une coopération avec la Suède et la Finlande.
« C’est pourquoi nous pensons que la chose la plus intelligente que nous puissions faire aujourd’hui est de développer nos connaissances, et non de construire des centrales », écrit le comité.
Le 21 juin 2024, le ministère de l’Énergie a nommé le comité chargé d’étudier l’énergie nucléaire en tant que source d’énergie potentielle en Norvège. L’objectif était d’examiner et d’évaluer divers aspects d’une éventuelle implantation future de l’énergie nucléaire en Norvège.
Mercredi, le Comité nucléaire norvégien présentera ce rapport, après un an et demi de travail. | Photo : Anders Lie Brenna
Cet article a été fourni par notre média partenaire en Norvège, EnergiWatch.
Révision en anglais par Christian Radich Hoffman.
Passionnée par la culture nordique, par la nature, par l’écriture, voici que j’ai réunie mes passions dans ce site où je vous partage mes expériences et mes connaissances sur la Norvège spécialement. J’y ai vécu 2 ans entre 2015 et 2017, depuis les décors me manque, la culture me manque. Bonne lecture.
