
Publié le 5 avril 2026 à 6 h 00
En 2025, un morse a attaqué l’intrépide voyageur Ralph Spitzen alors qu’il faisait du kayak de mer au Svalbard, en Norvège. Spitzen a raconté Outside ce que cela fait de se retrouver face à face avec l’un des plus grands mammifères marins de l’océan — et comment sa réactivité lui a peut-être sauvé la vie.
Les morses ne sont pas à prendre à la légère. Pouvant atteindre un poids de 2 270 kg, ces imposants mammifères marins sont dotés de défenses pouvant mesurer jusqu’à 90 cm de long. Ils nagent avec aisance et grâce dans les eaux froides de l’Arctique et sont connus pour se battre avec les ours polaires.
Inutile de dire que ce n’est pas un animal que l’on souhaite croiser.
La côte froide : se préparer pour le Svalbard
En juin 2025, ma femme et moi avons fait une croisière de deux semaines au Svalbard, un archipel norvégien niché dans le cercle arctique. C’est un endroit froid et intimidant qui regorge d’animaux sauvages tels que des ours polaires, des baleines, des phoques et, bien sûr, des morses.
La vie dans l’archipel norvégien isolé du Svalbard ne ressemble à aucune autre. Compte tenu de son environnement arctique, son nom se traduit à juste titre par « côte froide ». Situé à trois heures d’Oslo, en Norvège, c’est également un endroit extrêmement isolé — et ceux qui y vivent ne sont autorisés à le faire que si leur état de santé le permet. Sérieusement, c’est une réglementation gouvernementale.
En d’autres termes, c’est un endroit où l’on ne souhaite pas se retrouver confronté à une urgence mettant la vie en danger.
Une partie de notre croisière consistait à enfiler des combinaisons étanches et à faire du kayak dans les eaux glaciales. Explorer les eaux arctiques nécessite une préparation et un équipement spécialisé, notamment une combinaison étanche. Cette combinaison imperméable crée une barrière contre les éléments et garde tout ce qui se trouve en dessous au sec. Une fois enfilée, les seules parties de votre corps qui restent exposées sont votre tête et vos mains.
Le 29 juin, la température de l’air avoisinait les -1 °C, le ciel était d’un bleu cristallin et il n’y avait pas de vent. Nous nous sommes emmitouflés dans nos combinaisons étanches, avons enfilé nos gilets de sauvetage et nous sommes dandinés jusqu’à notre kayak de 5 mètres.
Nous avons pagayé le long d’une île appelée Nordaustlandet, une langue de terre en grande partie recouverte de glace et dotée d’un littoral rocheux. Juste avant notre départ, nos guides avaient inspecté la zone pour s’assurer qu’il n’y avait ni morse ni ours polaire. Une traversée sans encombre… du moins, c’est ce que nous pensions.
Une rencontre fugace dans l’Arctique
Alors que la pale de ma pagaie fendait les eaux calmes et sereines, j’ai remarqué une grosse tache sombre à un mètre de la proue, c’est-à-dire à l’avant, de mon embarcation. Ça doit être une baleine, me suis-je dit. En l’espace d’une seconde, une autre grosse tache sombre est apparue sous mon embarcation et a soulevé ma proue dans les airs.
Ces masses, en fait, étaient des morses. Et ils étaient en train de faire chavirer mon kayak.
À ce moment-là, je me suis simplement dit : Ralph, tu es en train de chavirer, laisse-toi faire. Tu ne peux rien faire pour l’empêcher.
La sortie en eau : comment l’entraînement m’a sauvé la vie
J’ai 74 ans et je pars à l’aventure aux quatre coins du monde depuis plus d’un demi-siècle. C’était mon troisième voyage dans une région polaire et ce n’était pas la première fois que je faisais du kayak dans un froid extrême. Il y a de nombreuses années, j’ai appris à effectuer une sortie en eau. Il s’agit d’une technique de kayak utilisée pour s’échapper d’un bateau chaviré ou submergé. Lorsqu’il pagaye, le kayakiste porte ce qu’on appelle une jupe pour relier son torse au bateau. Une fois sous l’eau, il peut tirer sur une boucle de sa jupe, se pencher en avant et se propulser hors du bateau vers la surface. En général, le processus ne dure que quelques secondes.
Tout s’est passé si vite. Je me suis retrouvé à flotter à côté de mon kayak renversé. Il y avait deux femelles, un jeune et un bébé morse, qui adoptaient tous un comportement défensif. Pour une raison quelconque, mon bateau et moi étions devenus une menace pour eux, et ils réagissaient en conséquence.
Mes guides ont réagi rapidement, amenant un autre petit bateau à moteur, appelé zodiac. L’embarcation était bruyante et rapide, et son conducteur a créé une barrière entre les morses et moi. J’avais froid, j’étais un peu effrayé, mais en sécurité.
Respecter les géants
Cette expérience m’a rappelé que lorsque nous nous trouvons dans ces environnements, nous ne sommes que des visiteurs. Des incidents peuvent survenir, et très rapidement. Au cours de notre vie, nous traversons des hauts et des bas, qui contribuent tous à façonner notre personnalité, notre vision des choses et notre capacité à gérer le stress.
Je me suis appuyé sur ma formation pour rester calme et mettre en pratique ce que j’avais appris auparavant. Une attaque de morse est extrêmement rare, mais ce genre d’événement peut arriver et arrive effectivement. Ne laissez pas la peur vous dissuader de partir à l’aventure. Soyez prudent, restez vigilant et voyagez avec des professionnels. Soyez préparé et faites preuve de respect.
Je pars ensuite au Botswana pour un safari. Espérons que nous ne croiserons pas d’éléphants.
Récit rapporté à Madison Dapcevich. Cette interview a été éditée pour des raisons d’espace et de contenu.
Selon l’Association of Arctic Expedition Cruise Operators, les kayakistes doivent :Comment rester en sécurité sur le territoire des morses
Passionnée par la culture nordique, par la nature, par l’écriture, voici que j’ai réunie mes passions dans ce site où je vous partage mes expériences et mes connaissances sur la Norvège spécialement. J’y ai vécu 2 ans entre 2015 et 2017, depuis les décors me manque, la culture me manque. Bonne lecture.



