Mette-Marit de Norvège : une nouvelle fondation rompt ses liens en raison du scandale Epstein - 11

Alors même que le Palais royal d’Oslo tente de tourner la page sur les liens entre la princesse héritière Mette-Maritavec Jeffrey Epstein, la crise de confiance est loin d’être terminée. Sa légitimité auprès du public reste au plus bas. Ce mardi, une nouvelle organisation lui a tourné le dos à l’unanimité.

Cela suggère que son interview accordée à la chaîne publique NRK le mois dernier, au cours de laquelle elle a tenté de clarifier sa relation avec le financier et délinquant sexuel condamné en affirmant avoir été « manipulée et trompée », n’a pas réussi à convaincre le public.

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La princesse Mette-Marit et le prince Haakon

Un communiqué a été diffusé ce matin aux principaux médias norvégiens : «Le Festival Amandus a décidé de mettre fin à sa collaboration avec la princesse héritière Mette-Marit. » Dans la note, signée par le conseil d’administration de la fondation qui organise le festival, les dirigeants ont exposé les raisons de cette décision unanime. Les responsables du projet ont déclaré que le parrainage de l’épouse du prince Haakon « s’avère plus nuisible que bénéfique pour le travail du festival. »

La princesse Mette-Marit Tjessem, le prince Haakon de Norvège, la reine Mathilde de Belgique, le roi Philippe de Belgique, le roi Harald de Norvège et la reine Sonja  de Norvège photographiés lors de la visite d'État officielle en Norvège du couple souverain belge© Photonews
Photo prise le 24 mars, lors de la visite d’État de Philippe et Mathilde de Belgique à Oslo

« Notre seul objectif avec cette décision a été de protéger les valeurs et la crédibilité du festival. Il s’agissait d’un choix exigeant mais nécessaire, pris après mûre réflexion. Nous sommes un festival destiné aux jeunes cinéastes où l’inclusion, l’éducation aux médias et la communauté sociale sont fondamentales. Toute action susceptible d’affaiblir ces valeurs nous oblige à faire preuve de vigilance et de résilience », a écrit le président Jens Uwe Korten dans un communiqué de presse mardi.

De son côté, le directeur du festival Eivind M. Nordengen a confirmé à NRK qu’ils avaient d’abord informé le Palais royal. Tout en exprimant ses regrets quant à la situation actuelle de la princesse, il est resté ferme sur cette décision, dont ils ne cachent pas qu’elle découle de ses liens avec Epstein : « Même si nous voulons croire que la princesse héritière n’était pas nécessairement au courant, ou qu’elle regrette cette relation, dans la pratique, cela aurait tout de même pu contribuer à légitimer des actes dont nous devons fermement nous distancier. »

La crise royale de Mette-Marit s'aggrave : une autre fondation rompt ses liens alors que la confiance du public s'érode

Un héritage de 20 ans en péril : ce n’était pas un simple parrainage

Le coup est dur pour plusieurs raisons. Il s’agit de la première organisation à exiger de fait la démission de Mette-Marit. Actuellement, la princesse a réduit son agenda et n’apparaît que dans des environnements contrôlés. Cette décision signale publiquement à la Cour royale que ses explications n’ont pas tenu la route. Elle renforce un sentiment qui résonne déjà dans les tribunes libres et les émissions-débats : son interview de 20 minutes a laissé le public avec plus de questions que de réponses.

Sa dernière apparition officielle a eu lieu au Palais royal d’Oslo, en compagnie d’une équipe chargée de l’approvisionnement en oxygène.© Getty Images
Sa dernière apparition officielle a eu lieu au Palais royal d’Oslo, en compagnie d’une équipe chargée de l’approvisionnement en oxygène.

De plus, ce projet a constitué un chapitre clé de la biographie de Mette-Marit en tant que membre de la famille royale et occupe une place majeure dans la vie culturelle du pays. Il ne s’agissait pas simplement d’une ligne de plus sur son CV ; c’était un élément déterminant de l’identité publique qu’elle a cultivée pendant 25 ans.

Le Festival Amandus s’adresse aux jeunes âgés de 13 à 20 ans, en mettant l’accent sur la projection de films et la promotion du débat. Il s’agit d’un projet bien établi et de longue date qui a vu le jour en 1987 à Lillehammer et n’a cessé de se développer. Il est devenu une fondation en 2006 et, depuis lors, il bénéficie du patronage royal de la princesse héritière. Elle s’y est rendue à plusieurs reprises, observant son évolution au cours des deux dernières décennies pour devenir le principal lieu de rencontre des jeunes cinéastes en Norvège.

La princesse Mette-Martin en compagnie de son époux, le prince Haakon de Norvège, et du prince Sverre Magnus lors de la réception avec les athlètes paralympiques.© Getty Images
La princesse Mette-Martin avec son mari, le prince Haakon de Norvège, et le prince Sverre Magnus lors de la réception avec les athlètes paralympiques.

Une tendance au rejet

Compte tenu à la fois de sa valeur symbolique et de son rôle dans le calendrier culturel norvégien, cette rupture est particulièrement préjudiciable. Elle prouve que la vague de rejets qui a suivi la publication des dossiers Epstein ne montre aucun signe d’essoufflement. Cette rupture, qui touche l’une de ses causes les plus stratégiques dans la culture des jeunes, montre que sa crédibilité publique continue de s’éroder, malgré les tentatives du Palais royal de tourner la page (Le roi Harald l’a même expressément mentionnée dans son discours lors du dernier dîner d’État).

Amandus rejoint désormais Sex and Society, Fokus, l’Association norvégienne des bibliothèques et le Conseil de la santé mentale parmi les organisations qui ont choisi de mettre fin à leur collaboration avec elle. Bien qu’elle conserve encore le soutien de 18 autres causes, le vent est clairement en train de tourner.