La Cour européenne des droits de l'homme fixe des limites climatiques à l'industrie pétrolière - 3

Strasbourg, France – La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a décidé aujourd’hui que la Norvège devait évaluer l’impact du pétrole et du gaz sur le climat mondial avant d’ouvrir de nouveaux gisements de pétrole sur le plateau continental norvégien, afin de se conformer à la Convention européenne des droits de l’homme. Cet arrêt établit de nouvelles obligations juridiques contraignantes qui modifieront la manière dont les gouvernements abordent l’exploitation des combustibles fossiles.

La Cour n’a pas constaté de violation des droits de l’homme pour l’instant, car elle compte sur la Norvège pour réaliser une évaluation complète des incidences sur le climat lors de l’ouverture de nouveaux projets pétroliers et gaziers. La Cour a affirmé qu’une évaluation complète des incidences sur l’environnement, prenant en compte les émissions provenant de la combustion, où qu’elles aient lieu, doit être réalisée avant l’ouverture de tout nouveau gisement de pétrole, ce qui constitue une garantie essentielle contre les projets susceptibles d’aggraver la crise climatique. L’absence d’une telle évaluation constitue une violation des droits de l’homme. Aujourd’hui, aucun nouveau projet pétrolier ou gazier sur le plateau continental norvégien ne répond à cette exigence.

Frode Pleymresponsable de Greenpeace Norvège, a déclaré : « C’est un grand pas en avant : « Il s’agit d’une avancée majeure. C’est un soulagement de voir la Cour reconnaître ce que la science nous dit depuis des années, à savoir que les nouveaux gisements de pétrole et de gaz menacent nos droits de l’homme les plus fondamentaux. Exiger des gouvernements qu’ils évaluent les conséquences de la combustion du pétrole et du gaz sur le climat mondial avant d’approuver de nouveaux projets fossiles relève du bon sens et aurait dû être fait depuis longtemps.

Sigrid Hoddevik Losnegårdresponsable des Jeunes Amis de la Terre de Norvège : « Cette décision est un pas de géant pour la responsabilité climatique. Le gouvernement ne peut plus poursuivre sa politique pétrolière et gazière comme si le changement climatique n’existait pas. Ce jugement aura des répercussions bien au-delà de la Norvège ».

Cette décision intervient près de dix ans après que Greenpeace Nordic et Young Friends of the Earth Norway (Natur og Ungdom) ont porté l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme. Le peuple contre le pétrole de l’Arctique en arguant que la politique pétrolière norvégienne dans l’Arctique viole les droits de l’homme fondamentaux.

Ce jugement renforce le consensus juridique international croissant selon lequel les gouvernements doivent prendre en compte les impacts climatiques des nouveaux projets de combustibles fossiles, conformément aux obligations en matière de droits de l’homme. Il s’appuie sur des décisions récentes de la Cour internationale de justice et de la Cour suprême du Royaume-Uni, qui ont toutes deux mis en évidence l’incompatibilité des nouveaux projets d’exploitation pétrolière et gazière avec les objectifs climatiques mondiaux.

La décision de la Cour européenne des droits de l’homme s’appuie sur l’arrêt KlimaSeniorinnen de 2024 et envoie un message fort aux gouvernements du monde entier : l’ère de l’expansion incontrôlée des combustibles fossiles est révolue. En reconnaissant que les atteintes au climat relèvent des droits de l’homme, la Cour ajoute une nouvelle pierre à l’édifice de la jurisprudence internationale sur le climat, qui ne cesse de s’étoffer.

« L’arrêt fixe des limites à la gravité des dommages que le gouvernement norvégien peut causer à notre avenir. C’est une victoire pour la raison, pour la science et pour tous ceux qui luttent pour une planète vivable », a déclaré Frode Pleym.

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Contacts :

Frode Pleym, responsable de Greenpeace en Norvège : +47 973 07 378, (email protected)

Sigrid Hoddevik Losnegård, responsable de Natur og Ungdom (Jeunes Amis de la Terre Norvège) : +47 405 29 471, (email protected)

Bureau de presse de Greenpeace International, +31 (0) 20 718 2470 (disponible 24 heures sur 24), (email protected)