Pourquoi les consommateurs européens vont payer plus cher leurs commandes en ligne bon marché - 3

Le Parlement européen et le Conseil sont parvenus à un accord historique sur la réforme des règles douanières de l’UE, qui comprend de nouvelles mesures visant à encadrer le commerce électronique en provenance de pays tiers. Quelles en seront les conséquences pour les consommateurs ?

Une réforme historique a été approuvée la semaine dernière par le Parlement européen et le Conseil concernant les règles de l’UE relatives à l’importation et à l’exportation de marchandises sur le marché européen – le « code des douanes de l’UE » – qui inclura pour la première fois des mesures sur le commerce électronique.

La réforme introduit des frais de traitement pour les articles achetés sur des plateformes en ligne situées en dehors de l’UE.

Elle classe également ces plateformes comme des importateurs, les rendant ainsi responsables des formalités administratives, des taxes et des normes de qualité des marchandises qu’elles expédient aux consommateurs. Cela devrait éviter les mauvaises surprises liées à des frais inattendus lors de la livraison des colis.

L’objectif est de lutter contre l’afflux massif de marchandises provenant de plateformes telles que Temu, AliExpress et Shein, qui échappent souvent aux normes de qualité de l’UE et sont difficiles à contrôler pour les autorités douanières en raison du volume croissant de colis individuels envoyés directement aux clients.

L’année dernière, quelque 5,9 milliards de petits colis ont été expédiés directement aux consommateurs de l’UE depuis l’extérieur de l’Union, dont plus de 90 % provenaient de Chine, a indiqué la Commission européenne.

« De nombreux produits achetés en ligne depuis l’extérieur de l’UE ne respectent pas les normes européennes, ce qui soulève des préoccupations en matière de sûreté et de sécurité », a ajouté la Commission.

Agustín Reyna, directeur général de l’organisation européenne de consommateurs BEUC, a déclaré : « L’Europe a été submergée par un tsunami de colis en provenance de Chine, et les autorités douanières n’ont tout simplement pas pu faire face à cette situation.

« Les tests effectués par des associations de consommateurs sur des produits achetés sur des plateformes en ligne ont révélé l’existence de jouets pouvant causer des blessures mortelles aux enfants et de textiles imprégnés de substances chimiques interdites pouvant provoquer de graves réactions cutanées. Cette réforme commence à inverser la tendance et rend plus difficile l’entrée de produits dangereux dans l’UE. »

Que signifient ces changements dans la pratique ?

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Frais de traitement

Dans le cadre de cette réforme, des frais de traitement de 3 € s’appliqueront à chaque article commandé depuis des pays hors UE et envoyé directement à des consommateurs de l’UE. Cette mesure vise à couvrir les coûts douaniers croissants liés au volume considérable de colis individuels.

Les États membres commenceront à percevoir ces frais dès que le système informatique nécessaire sera disponible, et au plus tard le 1er novembre 2026.

Ces frais seront versés aux autorités douanières par « la même entité chargée de payer les autres frais de douane », de sorte que la charge administrative incombera aux plateformes.

Cependant, ce sont probablement les consommateurs qui en supporteront le coût ; ils peuvent donc s’attendre à une hausse des prix des articles qu’ils achètent en ligne sur les sites susmentionnés.

Les clients bénéficieront toutefois d’une transparence totale sur le prix qu’ils paient pour les articles.

Ces nouveaux frais de traitement s’ajoutent aux droits de douane forfaitaires de 3 € sur les colis de faible valeur qui entreront en vigueur en juillet.

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Responsabilité des importateurs

Dans le cadre de cette réforme, les plateformes en ligne vendant des marchandises provenant de pays tiers à des clients de l’UE seront considérées comme des importateurs. Elles seront donc tenues de fournir les données nécessaires aux autorités douanières, de payer les taxes et de s’assurer que les marchandises sont conformes à la législation européenne.

Les entreprises qui respectent les règles pourraient bénéficier d’un système de « confiance et contrôle », avec moins de contrôles et plus de flexibilité en matière de paiements.

Celles qui ne s’y conforment pas pourraient être signalées comme des opérateurs à haut risque et se voir infliger une amende comprise entre 1 et 6 % de la valeur totale des marchandises qu’elles ont importées dans l’UE au cours des 12 derniers mois.

Nouvelle autorité douanière de l’UE

Pour mettre en œuvre ces nouvelles règles, une nouvelle autorité douanière de l’UE, qui sera établie à Lille, en France, mettra en place le « EU Customs Data Hub », un système numérique qui recueillera en temps réel des informations sur les flux de marchandises dans les pays de l’UE. Ce système sera lancé pour le commerce électronique en 2028, ouvert à toutes les autres entreprises en 2031 et deviendra obligatoire en 2034.