
Erlend Wiborg, porte-parole du Parti du progrès (droite populiste) pour les questions d’immigration, a déclaré que la Norvège « distribuait des certificats de nationalité comme des bonbons ». Dans quelle mesure le pays est-il vraiment généreux ?
Le renforcement des exigences en matière de citoyenneté est un sujet brûlant à l’approche des élections générales de septembre, le Parti du progrès et le Parti conservateur de centre-droit ayant tous deux promis de renforcer les règles s’ils parviennent à former le prochain gouvernement.
Mais la Norvège est-elle vraiment aussi généreuse que le suggère Wiborg ?
Comment le nombre de citoyennetés accordées par la Norvège se compare-t-il à celui d’autres pays ?
M. Wiborg a comparé la Norvège au Danemark, qui a accordé 6 255 citoyennetés en 2024, contre 27 276 pour la Norvège, et à la Suède, qui a accordé 67 798 citoyennetés en 2023, estimant que la situation en Suède « montre à quel point les choses peuvent aller mal ».
Quelle est la générosité de la Norvège en matière de citoyenneté ?
Si l’on examine les dernières statistiques d’Eurostat (datant de 2023) sur la proportion de citoyens étrangers ayant acquis la citoyenneté en 2023, il est difficile d’affirmer que Wiborg est complètement déraisonnable.
Un peu plus de 6 % des citoyens étrangers vivant en Norvège en 2023 ont acquis la nationalité norvégienne cette année-là, ce qui est plus élevé que dans tous les autres pays, à l’exception de la Suède.
Au Danemark, à peine 0,54 % des étrangers vivant dans le pays ont obtenu la nationalité cette année-là, soit le sixième taux de naturalisation le plus bas de l’UE.
Il est également vrai que le pourcentage de ressortissants étrangers obtenant la citoyenneté a fortement augmenté depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement actuel en 2021.
En 2021, 41 100 personnes ont obtenu la nationalité norvégienne, soit le nombre le plus élevé jamais atteint, selon les chiffres de Statistics Norway (SSB).
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Toutefois, cette évolution est en grande partie due à la nouvelle loi votée par le parlement en décembre 2018, qui autorise la double nationalité.
Wiborg devrait se rappeler que le gouvernement alors en place était une coalition entre le Parti conservateur et son propre Parti du progrès, qui soutenaient tous deux le changement.
Ce nombre attribué a chuté de manière spectaculaire en 2024, en partie parce que l’impact de la loi sur la double nationalité s’estompait et en partie parce qu’un manque de personnel à la direction de l’immigration a allongé les délais de traitement des dossiers.
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Quelle est la générosité des lois norvégiennes en matière de citoyenneté ?
Si les conditions d’obtention de la nationalité norvégienne sont plus souples qu’au Danemark, pays voisin, elles se situent dans la moyenne des pays européens, voire du côté de la rigueur.
Les candidats potentiels doivent avoir vécu en Norvège pendant huit des onze dernières années pour pouvoir prétendre à la citoyenneté, ce qui est plus long que dans des pays comme la France, l’Allemagne, la Suède et le Royaume-Uni, où les délais ne sont que de cinq ans.
Toutefois, certains demandeurs n’ont besoin de vivre en Norvège que pendant six ans s’ils disposent d’un revenu suffisant. Par ailleurs, les personnes ayant un partenaire ou un conjoint norvégien peuvent, dans certains cas, déposer une demande après cinq ans de séjour en Norvège.
Les exigences linguistiques de la Norvège sont également assez standard, les candidats devant avoir un niveau intermédiaire inférieur B1, comme en France, en Allemagne, en Italie, en Suisse et au Royaume-Uni.
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Le Danemark est actuellement le seul pays à exiger le niveau intermédiaire supérieur B2, mais la France a adopté une loi qui rendra ce niveau obligatoire à partir de 2026. L’Espagne, la Belgique et la Suisse n’exigent actuellement que le niveau A2, plus basique, tandis que la Suède et l’Irlande n’ont aucune exigence linguistique.
La Norvège, comme la plupart des pays européens, demande aux futurs citoyens de passer un examen de citoyenneté, à l’instar du Danemark, de l’Autriche, de la France, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de l’Espagne et du Royaume-Uni.
L’examen n’est pas aussi onéreux que l’examen de citoyenneté danois, qui est réputé pour sa difficulté. Les candidats doivent répondre correctement à au moins 24 des 36 questions à choix multiples pour réussir. Les sujets abordés sont l’histoire, la géographie, la démocratie, la protection sociale, l’éducation, la santé et la vie professionnelle en Norvège.
Passionnée par la culture nordique, par la nature, par l’écriture, voici que j’ai réunie mes passions dans ce site où je vous partage mes expériences et mes connaissances sur la Norvège spécialement. J’y ai vécu 2 ans entre 2015 et 2017, depuis les décors me manque, la culture me manque. Bonne lecture.
