La loi norvégienne sur le viol serait définie par l'absence de consentement - 3

La Norvège souhaite définir le viol sur la base de l’absence de consentement, au lieu de l’accent mis actuellement par la loi sur la violence, les menaces ou le fait de profiter d’une personne vulnérable, selon un projet de loi publié jeudi.

Une peine d’emprisonnement maximale de six ans pourrait être imposée en cas d’absence de consentement en vertu de la législation proposée, qui suit une définition déjà appliquée dans d’autres pays.

Le consentement signifie que quelqu’un a exprimé, par des mots ou des actions, sa volonté de s’engager dans des relations sexuelles – en d’autres termes, seul un « oui » est un oui », a déclaré la ministre de la justice, Astri Aas-Hansen, dans un communiqué.

Pour qu’un accusé soit reconnu coupable de viol, le projet de loi vise à introduire l' »absence de consentement » de la victime comme critère principal.

Toutes les relations sexuelles doivent être basées sur le libre arbitre des personnes impliquées, comme c’est déjà le cas dans la Suède voisine.

« Aujourd’hui, la loi ne considère qu’il y a viol que s’il y a eu violence, menace ou si quelqu’un a profité de la vulnérabilité d’une personne incapable de résister », a déclaré Mme Aas-Hansen.

« Mais il peut y avoir d’autres raisons pour lesquelles une personne ne peut pas ou ne parvient pas à refuser une avance sexuelle », a-t-elle ajouté.

Le fait que les victimes d’agressions sexuelles soient restées immobiles ou paralysées par la peur pendant l’acte et n’aient pas pu se défendre sera pris en compte.

« Le gouvernement travailliste veut être clair à la fois dans la loi et dans le message que nous envoyons à la société : le droit de chacun à l’autodétermination sexuelle doit être respecté », a déclaré le ministre.

Mme Aas-Hansen, ancienne juge et avocate, a déclaré avoir vu « les effets que le viol peut avoir sur la qualité de vie » des victimes, ainsi que sur leur santé mentale et physique.

« Le viol rend plus difficile la confiance en autrui et en soi-même », a-t-elle ajouté dans un discours publié sur le site web du gouvernement.

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D’autres pays ont déjà introduit la notion de consentement dans leur législation sur les crimes sexuels.

En Suède, une loi sur le consentement sexuel, qui considère le viol comme tout acte sexuel non consensuel, même sans menace ni violence, est en vigueur depuis 2018.

En Espagne, une loi surnommée « seul un oui est un oui » a été introduite en octobre 2022 et rend obligatoire le consentement sexuel explicite.

La Grèce et le Danemark disposent également d’une législation. En France, un texte a été adopté par l’Assemblée nationale mais doit être approuvé par le Sénat.