
La Constellation devrait être dotée de 32 cellules de système de lancement vertical Mk 41 (la configuration des missiles sera confirmée plus tard), et son système radar Aegis lui confère une capacité de lutte contre les missiles balistiques. Cependant, il s’agit d’un FFG, c’est-à-dire d’une frégate à missiles guidés, et il ne dispose pas d’une capacité de déplacement ultra-silencieux (une caractéristique essentielle pour un navire de lutte anti-sous-marine). En outre, elle a connu des retards de fabrication importants et il est question de modifier encore les spécifications (en augmentant sa capacité de missiles), ce qui soulève des questions quant à la capacité de production et à l’adéquation d’une plate-forme essentiellement ASW.
La FDI se présente comme une frégate polyvalente, équipée du système CAPTAS ASW, de missiles antinavires MM40 et de torpilles MU 90. Le navire est équipé d’un radar Sea Fire AESA et de 32 cellules VLS. Il est, en théorie, capable d’assurer une défense aérienne au-delà de 100 km s’il est équipé de l’Aster 30 et le radar AESA à écran plat offre une portée et une couverture considérablement supérieures à celles du radar Artisan de type 26.
La F127 est également une frégate de défense aérienne, dotée d’une capacité de défense contre les missiles balistiques qui fait défaut au Type 26, avec 64 baies VLS Mk 41 et le radar américain AN/SPY-6. Cependant, elle n’est pas optimisée pour la lutte anti-sous-marine, que ce soit en termes de silence ou de capteurs (le navire n’a pas de sonar monté sur la coque, par exemple). En outre, avec ses 10 000 tonnes, le navire nécessiterait probablement un équipage d’environ 220 personnes, ce qui est un facteur important pour une petite marine, comme la RN en a fait l’expérience au cours des dernières décennies. Il s’agit d’une capacité raisonnable pour la mer Baltique, où la menace des missiles provenant de vecteurs tels que Kaliningrad est dense et où la Russie dispose d’un seul sous-marin de la classe Kilo. Toutefois, son utilité dans les environs de la Norvège, où les SSN de la flotte du Nord représentent la principale menace, est plus discutable.
Contrairement aux autres concurrents, les 48 Sea Ceptor (CAMM) du Type 26 offrent une défense aérienne très limitée au-delà de la défense ponctuelle. Sans radar de défense aérienne à plus longue portée, même s’il porte 24 cellules Mk 41 VLS, celles-ci pourraient être mieux optimisées pour porter des tomahawk et contribuer à une capacité de frappe plus large.
Pourquoi donner la priorité à la lutte anti-sous-marine ?
Bien que la critique selon laquelle les défenses aériennes du Type 26 sont moins performantes que celles de ses concurrents soit fondée, plusieurs facteurs méritent d’être pris en compte. Premièrement, l’optimisation de la lutte anti-sous-marine permet également d’atténuer considérablement la menace aérienne et de missiles à laquelle la Norvège est confrontée. Dans l’environnement où la marine norvégienne opérera, la menace des missiles et celle des sous-marins se chevauchent considérablement. La majorité de la capacité russe de lancement de missiles de croisière dans le nord est détenue par ses sous-marins nucléaires. Deuxièmement, dans les scénarios les plus éprouvants (conflit au titre de l’article 5), la Norvège opérera aux côtés d’alliés tels que l’US Navy, la Royal Navy et la RNLN, qui disposent tous de destroyers de défense aérienne. La valeur ajoutée d’une capacité supplémentaire de défense aérienne est marginale par rapport à l’utilité de frégates ASW capables, dont le nombre est insuffisant. Troisièmement, compte tenu de l’ampleur de la menace des missiles russes en mer et de sa complexité croissante, une petite flotte de moyens de défense aérienne n’ajoute qu’une capacité très limitée de défense aérienne souveraine. Un seul SSGN Oscar II, par exemple, transporte une charge de 72 missiles de croisière qui pénétreraient probablement même les meilleurs systèmes de défense aérienne du FDI et du F127, à moins qu’ils n’opèrent en formation alliée. En d’autres termes, une défense aérienne maritime supplémentaire aurait représenté une capacité de défense aérienne souveraine plutôt illusoire et n’aurait apporté qu’un complément marginal à la DCA alliée.
Passionnée par la culture nordique, par la nature, par l’écriture, voici que j’ai réunie mes passions dans ce site où je vous partage mes expériences et mes connaissances sur la Norvège spécialement. J’y ai vécu 2 ans entre 2015 et 2017, depuis les décors me manque, la culture me manque. Bonne lecture.
