La Norvège, pays pétrolier, affirme avoir besoin de plus de pétrole - 3

Plateforme de forage sur la côte de la mer de Barents.

Alors que le réchauffement climatique se rapproche de l’objectif de deux degrés fixé par l’ONU, le gouvernement norvégien propose 57 nouvelles licences pétrolières sur le plateau continental.

Le Premier ministre Jonas Gahr Støre répète sans cesse que l’industrie pétrolière doit être « développée et non supprimée progressivement ».

Cette semaine, le gouvernement d’Oslo a une nouvelle fois donné un coup de pouce à l’industrie qui est le principal moteur du changement climatique.

Dans le cadre d’un nouveau cycle d’octroi de licences, le ministère de l’Énergie du pays a attribué 57 licences de production dans des zones dites prédéfinies.

Selon le ministre de l’Énergie Terje Aasland, la Norvège doit « produire autant que possible ».

« La Norvège est le plus important fournisseur d’énergie en Europe, mais dans quelques années, la production commencera à décliner. Nous avons donc besoin de nouveaux projets qui puissent ralentir ce déclin et assurer une production aussi importante que possible », a-t-il déclaré dans un communiqué.


Terje Aasland est le ministre norvégien de l’Énergie.

Sur les 57 licences de production proposées, 31 sont situées en mer du Nord, 21 en mer de Norvège et cinq en mer de Barents.

La majeure partie des nouvelles licences sera exploitée par Equinor (35). Au total, 19 compagnies pétrolières se voient proposer des parts dans une ou plusieurs licences.

Les attributions dans des zones prédéfinies (APA) constituent un cycle annuel d’exploration pour le plateau continental norvégien. Les cycles APA sont menés dans une zone fixe, la zone APA.

Parallèlement à l’offre de licences dans le cadre de l’APA 2025, le ministère de l’Énergie a annoncé la prochaine APA 2026. Selon le ministre Terje Aasland, le nombre de licences sera porté à 70, dont 38 dans la mer de Barents.

« Le secteur pétrolier est notre industrie la plus importante et la plus significative. Le gouvernement continuera à développer cette industrie afin que nos ressources pétrolières puissent être gérées dans l’intérêt du peuple norvégien et de nos alliés en Europe », a déclaré M. Aasland.

L’augmentation du niveau d’exploration s’accompagne d’une forte hausse des investissements. Selon Statistics Norway, la Norvège a investi environ 275 milliards de couronnes (23,34 milliards d’euros) dans l’industrie pétrolière en 2025, soit une augmentation de plus de 35 % par rapport à 2022.

Les émissions provenant de la combustion de combustibles fossiles sont le principal facteur du réchauffement climatique. L’accord de Paris des Nations unies a fixé comme objectif de limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, tout en poursuivant les efforts pour le limiter à 1,5 °C.

L’objectif des deux degrés est de plus en plus difficile à atteindre au rythme actuel du réchauffement.