
MILAN — Les grands projets de défense impliquant les États-Unis, le Canada et la Norvège restent sur les rails malgré les relations tendues avec les alliés traditionnels à la suite de la pression exercée par l’administration Trump sur le Groenland.
Ces efforts de coopération illustrent à quel point les relations dans les domaines du commerce de la défense et dans d’autres domaines sont profondément ancrées dans le tissu des alliances américaines développées au fil des décennies, offrant aux entreprises américaines des marchés prévisibles et un accès aux troupes.
Par exemple, un pacte de défense signé entre la Norvège et les États-Unis en 2021, qui garantit aux forces américaines un accès « sans entrave » à une douzaine d’installations militaires norvégiennes, est en plein essor, selon un conseiller principal du ministère norvégien de la Défense.
« L’accord de coopération supplémentaire en matière de défense (SDCA) reste un atout important pour faciliter le développement de la coopération bilatérale entre la Norvège et les États-Unis dans le domaine de la défense », a déclaré Asgeir Spange Brekke dans un communiqué envoyé par e-mail à Defense News.
En vertu de cet accord, les troupes et les contrats américains peuvent utiliser un total de 12 zones norvégiennes convenues, y compris des bases clés telles que l’aéroport de Rygge, où sont stationnés certains des F-35A du pays. En 2023, le ministère norvégien de la Défense a révélé que les États-Unis devaient investir 188 millions de dollars dans l’agrandissement de la base aérienne, qui, selon M. Spange Brekke, se déroule comme prévu.
« Les investissements américains prévus dans les infrastructures de Rygge sont un exemple de la coopération modernisée en matière de défense dans le cadre du SDCA. La Norvège continue de soutenir le Corps des ingénieurs de l’armée américaine (USACE) et les forces aériennes américaines en Europe dans leurs efforts pour solliciter et attribuer des contrats pour des projets américains dans ce pays », a-t-il déclaré.
La modernisation de l’installation comprend la construction de quatre hangars pour avions de combat, d’entrepôts, l’augmentation de la capacité de stockage des munitions, ainsi que la création d’une zone clôturée autour de celle-ci avec une route de patrouille.
En septembre, un avis de marché indiquait que l’USACE recherchait des propositions pour préparer un « site d’hébergement » pour 575 militaires à la base aérienne de Rygge, un projet évalué entre 5 et 10 millions de dollars.
L’année dernière, Lockheed Martin a annoncé avoir achevé la livraison des 52 F-35A à l’armée de l’air royale norvégienne, faisant de ce pays scandinave le premier partenaire du programme F-35 à avoir rempli son programme officiel.
Un autre projet qui a jusqu’à présent été épargné par les tensions actuelles entre les États-Unis et leur voisin du nord, le Canada, est l’achat de 11 drones MQ-9B SkyGuardian, a déclaré un porte-parole de General Atomics.
Le contrat, signé en 2023, prévoit la livraison des premiers systèmes d’ici la fin 2028, la formation initiale du personnel canadien devant avoir lieu aux États-Unis.
« Je ne peux pas parler de tout, mais je peux dire que les relations entre General Atomics et le gouvernement canadien restent très solides. Notre contrat se poursuit avec la même conviction et la même détermination que dès le premier jour », a déclaré le porte-parole de la société, C. Mark Brinkley.
Les différends commerciaux et l’imposition de droits de douane restent une source importante de tension entre les deux pays. Le Premier ministre canadien Mark Carney s’est rendu en Chine au début du mois afin d’approfondir les relations économiques, le Canada cherchant à élargir son portefeuille commercial.
Elisabeth Gosselin-Malo est correspondante en Europe pour Defense News. Elle couvre un large éventail de sujets liés aux achats militaires et à la sécurité internationale, et se spécialise dans les reportages sur le secteur aéronautique. Elle est basée à Milan, en Italie.
Passionnée par la culture nordique, par la nature, par l’écriture, voici que j’ai réunie mes passions dans ce site où je vous partage mes expériences et mes connaissances sur la Norvège spécialement. J’y ai vécu 2 ans entre 2015 et 2017, depuis les décors me manque, la culture me manque. Bonne lecture.
