Le boycott du chocolat Freia prend de l'ampleur en Norvège - 9

En Norvège, un fabricant de barres chocolatées très appréciées fait l’objet d’un boycott croissant en raison des liens qu’entretiennent ses propriétaires avec la Russie. Voici ce que vous devez savoir à ce sujet.

Bien que la marque de chocolat historique Freia soit depuis longtemps un élément important de la culture et de l’économie norvégiennes, ses liens avec Mondelez suscitent la controverse.

Les amateurs de Kvikk Lunsj pourraient bientôt avoir plus de mal à se procurer leur dose de chocolat si le boycott de Freia s’étend.

Freia produit certains des chocolats norvégiens les plus célèbres. Il s’agit notamment de la barre Melkesjokolade, du chocolat chaud Regia Kakao, de la barre Japp semblable à Mars et de l’emblématique gaufrette au chocolat Kvikk Lunsj.

Mondelez, une grande entreprise alimentaire américaine inscrite sur la liste noire de l’Ukraine, possède Freia. Mondelez est toutefois critiquée pour la poursuite de ses activités en Russie. On pense que ces opérations contribuent à financer les efforts de guerre de la Russie contre l’Ukraine.

C’est pourquoi l’Ukraine a inscrit Mondelez sur sa liste noire, ce qui a entraîné un boycott des produits Freia en Norvège.

Le boycott a commencé par les compagnies aériennes

Le boycott contre Freia a commencé lorsque SAS, une grande compagnie aérienne, a cessé d’offrir le chocolat sur ses vols. À la suite de SAS, d’autres compagnies aériennes comme Norwegian et Widerøe se sont jointes au boycott. Le boycott s’est ensuite étendu à d’autres régions.

L’association nationale de football norvégienne a cessé de vendre des produits Freia dans ses stades. DNT, l’organisation nationale de trekking, a également coupé ses liens avec Freia.

Un avion SAS vole en Norvège
Au moment où nous écrivons ces lignes, il n’est pas possible d’acheter des produits Freia pendant les vols SAS.

D’autres entreprises, comme la chaîne hôtelière Strawberry (anciennement Nordic Choice) et la compagnie de ferries Hurtigruten, refusent de servir des produits Freia.

Le Premier ministre reste neutre

Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre n’a pas pris de position claire sur le boycott.

Il a déclaré que les consommateurs devraient prendre leurs propres décisions quant aux produits qu’ils achètent. M. Støre a souligné que le gouvernement norvégien veillait à ce que les sanctions contre la Russie soient respectées.

Mondolez : Freia « made in Norway »

Freia a répondu au boycott en déclarant que ses produits vendus en Norvège ne sont pas fabriqués en Russie. Les produits Freia sont fabriqués localement dans la capitale norvégienne, Oslo. L’usine est située dans le quartier de Rodeløkka.

Dans un communiqué, le PDG de Mondolez Norvège, Chris Callanan, a déclaré que l’entreprise avait une « activité limitée en Russie » et qu’elle avait cessé de faire de la publicité et d’investir dans le pays.

« Nous avons constamment condamné la guerre brutale, tout en contribuant à maintenir l’approvisionnement en nourriture grâce à nos produits, qui sont des aliments de longue durée pour les gens ordinaires », poursuit le communiqué.

Le boycott a toutefois soulevé des questions. Certains se demandent pourquoi seules Freia et Mondelez sont visées alors que d’autres entreprises internationales opèrent également en Russie. Pour l’instant, ces entreprises n’ont pas été boycottées en Norvège.

Au fur et à mesure que la situation évolue, d’autres entreprises envisagent de se joindre au boycott. Le parlement norvégien et plusieurs chaînes de supermarchés envisagent d’interdire les produits Freia. Coop a demandé des éclaircissements au gouvernement.